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La cumbre du G20, qui se tient les 18 et 19 novembre sous la présidence du Brésil à Rio de Janeiro, pourrait aboutir à un consensus sur une proposition audacieuse visant à instaurer un impôt sur la richesse ou les revenus des « super riches » du monde. Cette mesure, qui figure parmi les priorités du gouvernement de Lula, pourrait générer des revenus supplémentaires mondiaux estimés entre 200 et 250 milliards d’euros. Dans son allocution d’ouverture, Lula a souligné que 3 000 personnes détiennent une fortune supérieure à 13 billions d’euros, soit plus que le PIB combiné de l’Amérique et de l’Amérique latine, tandis que 733 millions de personnes souffrent de la faim.
Définition et impact de l’impôt sur les super riches
Dans une interview récente, Jayati Ghosh, une économiste influente, a expliqué la nécessité de cet impôt et sa conception. Selon elle, le terme « super riche » pourrait s’appliquer à ceux ayant une fortune d’au moins 50 à 70 millions d’euros, bien que Gabriel Zucman, économiste à l’école de Paris, ait initialement suggéré de se concentrer sur les milliardaires. En effet, il y a seulement environ 3 000 milliardaires dans le monde.
Les taux d’imposition des super riches
Ghosh a noté que ces super riches paient en moyenne entre 0 et 0,5 % d’impôts, une situation qui est bien inférieure aux contributions fiscales des citoyens ordinaires. Par exemple, Jeff Bezos ne paie pas d’impôt sur le revenu grâce à des stratégies fiscales élaborées par des conseillers financiers, ce qui soulève des questions sur l’équité fiscale.
Le besoin d’une réforme fiscale
Les gouvernements, en particulier dans les pays en développement, ont désespérément besoin de ressources fiscales. Ghosh a souligné que la richesse est extrêmement mal répartie, contribuant ainsi à l’inégalité croissante. La mise en place d’un impôt sur les super riches pourrait aider à financer des programmes de protection sociale et à lutter contre le changement climatique.
Support international pour l’impôt
Selon une enquête menée par le Club de Rome, 68 % des personnes interrogées dans 17 pays de l’OCDE soutiennent l’idée d’un impôt sur les super riches, tandis que seulement 11 % s’y opposent. En Inde, le soutien atteint même 80 %, reflétant des niveaux d’inégalité de richesse alarmants.
Modalités de mise en œuvre
L’idée est que chaque super riche paie un minimum de 2 % sur sa richesse. Ce montant pourrait être prélevé sur les revenus des dividendes ou d’autres gains de capital. Gabriel Zucman propose même d’appliquer un impôt de sortie pour ceux qui tenteraient d’éluder cette mesure en transférant leur richesse à l’étranger.
Défis et opportunités
Malgré les avancements, Ghosh souligne que les super riches utilisent des fiducies pour cacher leur richesse, ce qui complique l’identification des bénéficiaires. Une réglementation de l’UE exige l’identification des bénéficiaires finaux, mais le partage d’informations entre pays est essentiel pour une mise en œuvre efficace.
L’avenir de la justice fiscale
Bien que les discussions au G20 aient souvent abouti à des déclarations sans action concrète, des progrès notables ont été réalisés, notamment avec l’accord sur l’échange automatique d’informations bancaires entre 142 pays. Le G20 pourrait être un tournant pour établir des principes qui facilitent une fiscalité plus juste.
