Accueil ActualitéIncendie à Hong Kong: 128 morts et alarme défaillante

Incendie à Hong Kong: 128 morts et alarme défaillante

par charles
Chine (R.A.S. de Hong Kong)

Un incendie dévastateur s’est propagé au complexe Wang Fuk Court à Tai Po, dans le nord de Hong Kong, faisant au moins 128 morts selon le gouvernement. Après plus de quarante heures d’interventions, les pompiers ont indiqué que les flammes étaient largement éteintes et que les opérations de lutte contre l’incendie étaient terminées; le pire incendie qu’ait connu Hong Kong depuis 1948 a été confirmé. Le drame a aussi relancé les questions sur l’efficacité du système d’alarme des tours, puisque ces derniers sont pointés du doigt pour ne pas avoir fonctionné correctement, selon les secours. Des proches des victimes, encore à l’hôpital ou en recherche de proches portés disparus, voient leur quotidien bouleversé et attendent des réponses sur les causes et les responsabilités.

Vue générale du complexe Wang Fuk Court après l'incendie

À Hong Kong, bilan porté à 128 morts après l’incendie du Wang Fuk Court

Les secours ont fini par maîtriser le brasier dans les sept immeubles touchés sur huit et le bilan officiel est de 128 morts, dont un pompier, selon le service de lutte contre les incendies et le gouvernement. Un nombre indéterminé de personnes reste porté disparu, et des sacs mortuaires ont été déchargés à la morgue de Sha Tin, tandis que les proches cherchent des personnes disparues ou recherchent des proches à l’hôpital.

À Sha Tin, les autorités ont annoncé que les proches pourraient venir identifier les leurs à partir de 14 heures locales (6 heures GMT). Des habitants ont raconté n’avoir entendu aucun signal d’alarme et avoir dû frapper aux portes pour prévenir les voisins. «Le feu s’est propagé si vite…», a déclaré Suen, un résident nommé par les témoins. Une autre habitante, Mui, âgée de 77 ans, a ajouté: «C’est allé très vite. Tout était rouge. Je frissonne rien que d’y penser».

La police a annoncé avoir arrêté trois hommes, soupçonnés de «grossière négligence» après la découverte de matériaux inflammables abandonnés lors de travaux et qui ont permis au feu de «se propager rapidement», par vent soutenu. Le dirigeant John Lee a annoncé une inspection de tous les grands chantiers de rénovation de la ville et le numéro deux du gouvernement, Eric Chan, a jugé «impératif d’accélérer la transition complète vers les échafaudages métalliques».

Des scènes de choc et de solidarité ont marqué les alentours: des habitants et bénévoles ont aidé les familles et apporté vêtements et nourriture, tandis que les organisateurs ont indiqué qu’ils n’avaient plus besoin d’aides après une large vague de dons sur les réseaux sociaux.

Enquête et causes probables et systèmes d’alarme

L’enquête pour déterminer les causes du plus grave incendie à Hong Kong depuis 1948 est en cours et pourrait prendre 3 à 4 semaines, selon les autorités lors d’un point de presse conjoint avec les pompiers. Après plus de quarante heures, les secours avaient mis fin à leurs opérations dans les immeubles de 31 étages du complexe, signalant que «tout était rouge» et décrivant une propagation rapide du feu.

La tragédie a relancé le débat sur la sécurité des chantiers et les matériaux utilisés: l’usage d’échafaudages en bambou et de matériaux synthétiques hautement inflammables est évoqué comme soutenant la propagation. Le gouvernement a aussi annoncé une réorientation vers des échafaudages métalliques et une plus grande vigilance sur les grands chantiers de rénovation.

Par ailleurs, la Commission indépendante contre la corruption (ICAC) a indiqué qu’un groupe de travail a été chargé d’une enquête approfondie sur d’éventuels faits de corruption liés au grand projet de rénovation de Wang Fuk Court à Tai Po, afin d’éclaircir les éventuelles responsabilités dans l’attribution et l’exécution des marchés publics.

Réactions, solidarité et implications pour la sécurité des chantiers

Le drame a suscité un vaste élan d’entraide spontanée. Des bénévoles ont dressé près du complexe des stands pour distribuer des vêtements ou de la nourriture, et apporter un soutien psychologique ou médical. La solidarité était telle que les organisateurs ont fait passer le message sur les réseaux sociaux qu’ils n’avaient plus besoin d’aide.

Des habitants du complexe de près de 2 000 logements inauguré en 1983 dans le quartier de Tai Po ont raconté l’effroi de la rapidité de l’incendie. «Un des bâtiments s’est embrasé, les flammes se sont propagées à deux autres blocs en moins de 15 minutes», a raconté Mui, 77 ans. «C’est allé très vite. Tout était rouge. Je frissonne rien que d’y penser».

La réaction officielle a aussi porté sur la sécurité des chantiers: l’enquête et les inspections annoncées visent à prévenir une répétition et à évaluer les normes de construction dans les tours de grande hauteur. Des mesures pourraient émerger quant à l’usage des échafaudages et à la gestion des matériaux dangereux, afin de renforcer la sécurité des résidents et des travailleurs.

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