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Dans la province de Quneitra, au Golan syrien occupé, les incursions militaires israéliennes se multiplient et s’intensifient. Des blindés établissent des points de contrôle, des patrouilles et des clôtures, while des civils sont contrôlés, fouillés et parfois enlevés en pleine nuit. Les familles vivent dans l’angoisse et la peur des représailles.
Contrôles, enlèvements nocturnes et témoignages
Les forces israéliennes effectuent des opérations qualifiées de « opérations de sécurité » par Israël, mais que les autorités syriennes et des ONG de défense des droits humains décrivent comme des enlèvements ou des arrestations arbitraires.
Khadija Arnous raconte la disparition de son mari et de son beau-frère, enlevés à leur domicile en juillet. Selon elle, des soldats israéliens les ont fait sortir de la maison à 3 heures du matin, les ont bandés et emmenés.
- La famille n’a depuis reçu aucune nouvelle directe des deux hommes.
- Le beau-frère a été libéré de la prison de Sednaya mais se trouve désormais entre les mains des autorités israéliennes, selon la famille.
- La Croix-Rouge a été saisie, sans résultat probant pour le moment.
« J’ai quatre enfants — mon mari était le seul pourvoyeur de la famille », dit Khadija, qui cache son visage par crainte de représailles. Elle en appelle au gouvernement pour trouver une solution.
Extension de l’occupation et nouvelles installations militaires
Après la chute du régime d’al-Assad en décembre 2024, Israël a élargi sa présence dans le sud de la Syrie. Le gouvernement israélien estime que l’accord de désengagement de 1974 est devenu caduc et a étendu l’occupation syrienne d’environ 400 km².
Des vérifications réalisées par l’agence de fact-checking Al Jazeera — Sanad — confirment l’établissement de neuf nouvelles bases militaires israéliennes en Syrie depuis décembre 2024. Ces positions sont souvent renforcées par de larges remblais et des miradors.
Les forces ont installé des barrages, des portails et des points de contrôle permanents qui limitent la liberté de circulation des civils et restreignent l’accès aux terres agricoles.
Des territoires agricoles rasés et un impact écologique
Les habitants estiment que quelque 1 700 acres (environ 688 hectares) ont été confisquées par les forces israéliennes. Cela inclut vergers, champs et parcours pastoraux. Des zones entières ont été nivelées pour étendre la présence militaire.
Les paysans et bergers racontent l’arrachage d’arbres centenaires et la destruction d’écosystèmes locaux pour faire place aux installations militaires.
Attaques contre des infrastructures médicales
L’hôpital Al-Jawlan, dans la province de Quneitra, a subi plusieurs attaques attribuées aux forces israéliennes ces dernières années. Les images satellitaires montrent l’établissement avant et après des frappes, illustrant l’impact sur l’infrastructure sanitaire locale.
Ces attaques aggravent la vulnérabilité d’une population déjà privée d’accès régulier aux soins et aux ressources de base.
Violences, blessures et détentions supplémentaires
Les habitants rapportent des tirs sur des civils : Mohammad Makkiyah a été blessé à la jambe par un tireur embusqué après s’être approché trop près d’un mirador.
Dans une autre maison, le fils et le frère de Hussain Bakr ont été enlevés il y a cinq mois. Les démarches auprès des Nations unies et de la Croix-Rouge n’ont, selon la famille, produit aucune réponse concrète.
- Nombre de personnes détenues : jusqu’à une quarantaine signalées ces dernières semaines.
- Mesures de sécurité : miradors, remblais, postes de contrôle et camps récemment installés.
- Conséquences : restrictions des activités agricoles et déplacements forcés de familles.
Appels politiques et réponses officielles
Des résidents rappellent au président par intérim Ahmed al-Sharaa la mémoire de sa propre famille, forcée de fuir le Golan lors de l’occupation en 1967. Cette référence vise à souligner l’urgence d’une réaction gouvernementale plus ferme.
Les représentants du gouvernement assurent travailler à des solutions diplomatiques pour faire revenir les personnes disparues et protéger les civils.
« La situation est douloureuse pour les familles et pour nous en tant que gouvernement », a déclaré Jamal Numairi, député de l’Assemblée du peuple pour Quneitra. « Auprès des familles, je dis : le gouvernement n’épargnera aucun effort pour résoudre la question. Je les considère comme enlevés, non comme prisonniers. »