Accueil ActualitéInfiltration choc au zoo des Trois Vallées : révélations sur l’abandon

Infiltration choc au zoo des Trois Vallées : révélations sur l’abandon

par Lea
France

Le zoo des Trois Vallées, situé à Montredon-Labessonnié dans le Tarn, est officiellement fermé et son dossier est entre les mains des autorités. Derrière les grilles, la réalité est soumise à de nombreuses interrogations et contribue à des polémiques persistantes. C’est dans ce cadre que le vidéaste Max Von Croft, connu pour ses explorations urbaines, s’est introduit sur le site avec une caméra afin d’observer ce qui se passe réellement derrière les murs.

Le créateur affirme agir selon une démarche claire: « j’aime m’introduire dans des lieux interdits et montrer au public des endroits qu’il ne connaît pas ». Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’il attire l’attention: après Fort Boyard, symbole très médiatisé du patrimoine télévisuel, il avait déjà suscité le débat par des visites d’endroits réputés hautement sécurisés.

Le zoo tarnais figurait depuis longtemps sur sa liste. On évoquait une fermeture administrative, un établissement à l’abandon et, quelques semaines avant son passage début décembre, un article de presse évoquant une intervention de l’OFB et de la gendarmerie pour saisir des animaux. Ce dossier a déclenché une curiosité qui a rapidement franchi la frontière du simple intérêt.

« Je voulais voir ce qu’il se passait réellement »

Sur le chemin du retour d’un tournage au Marineland d’Antibes, il décide de faire un détour. « Pour que les autorités confisquent des animaux dans un zoo fermé depuis des années, il devait y avoir de sérieux problèmes. Je voulais voir ce qu’il se passait réellement. »

Vue générale de la zone technique
Le Youtubeur découvre une immense zone technique transformée en décharge à ciel ouvert.

Dès les premières minutes, le choc est visuel: avant même d’entrer, le vidéaste effectue des repérages au drone. Ce qu’il découvre n’a rien d’un parc animalier: une vaste zone technique transformée en décharge à ciel ouvert, des amas de plastique et de métal, des bâtiments éventrés et même une casse automobile improvisée. « Si c’est l’état des installations, dans quel état vont être les animaux ? »

À l’intérieur, le tableau se nuance toutefois. Les enclos sont petits et parfois bricolés dans des matériaux fragiles, mais les animaux semblent en bonne santé. Nourriture fraîche, boxes propres et la présence apparente de soigneurs—au moins quatre véhicules circulent sur le site—montrent que les équipes font le maximum avec les moyens dont elles disposent. « Et heureusement qu’ils sont là », note le vidéaste. Cette réalité, à la fois manifeste et dérangeante, contribue à une ambiance lourde et ambiguë.

Cette dualité alimente une incompréhension majeure: comment tolérer, au sein d’un lieu censé accueillir des animaux sauvages, une accumulation de déchets et les risques sanitaires qui en découlent? Pour le vidéaste, l’hypothèse la plus plausible reste « une économie de bouts de chandelle »: éviter des coûts élevés d’élimination des déchets professionnels, au bénéfice d’un délabrement plus prononcé. Certains mystères demeurent, comme l’état d’un algeco ravagé sans explication claire.

Conscient d’avoir pénétré illégalement le site, le vidéaste affirme assumer sa démarche tout en rejetant toute intention de sensationnalisme. Il n’encourage ni l’intrusion ni les comportements risqués et se dit lucide sur les risques encourus. « Mon but n’est pas de faire du buzz. Si j’avais voulu provoquer le sensationnel, j’aurais filmé le pire uniquement. » Il privilégie une approche factuelle et laisse les images parler. En une semaine, la vidéo a dépassé 200 000 vues et est entrée dans le Top 100 des vidéos les plus boostées sur YouTube.

Pour Max Von Croft, ce reportage n’est pas un substitut aux autorités mais un moyen d’éclairer une situation complexe et coûteuse. « Plus l’opinion publique est informée, plus il y a de chances que les choses évoluent », affirme-t-il. Ainsi, même en l’absence de réponses claires, ce travail sert de lampe torche dans un lieu où seuls quelques services de l’État savaient ce qui se tramait derrière les grilles.

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