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Le fracas du Loukkos domine Ksar el-Kébir cette semaine, alors que de fortes pluies et une montée exceptionnelle des eaux plongent la ville et ses environs dans l’angoisse. Les quartiers bas restent submergés et des milliers de personnes vivent dans l’attente d’une amélioration, craignant de nouvelles crues. Face à cette situation, les autorités ont lancé des opérations d’évacuation et d’hébergement d’urgence.
Comment la catastrophe a‑t‑elle débuté ?
Les précipitations, intenses et prolongées, ont rapidement dépassé le rythme des averses hivernales habituelles. Le barrage d’Oued Mkhazine a atteint sa capacité maximale, contraignant à des lâchers qui ont fortement alimenté le débit du Loukkos.
Parallèlement, une mer agitée a gêné l’évacuation des eaux au niveau de l’embouchure, amplifiant le risque d’inondation sur les zones riveraines et les secteurs bas de la ville. En conséquence, plusieurs quartiers ont été envahis par des courants violents et des torrents, avec des rues transformées en fossés profonds et des véhicules emportés.
Évacuations et opérations de secours
Les autorités locales ont ordonné l’évacuation immédiate de treize quartiers et zones résidentielles les plus exposés. Parmi eux figurent des secteurs anciens et des zones basses régulièrement vulnérables aux crues.
- Déploiement de la protection civile appuyée par des bénévoles locaux.
- Utilisation de camions, de bateaux et de véhicules amphibies pour atteindre les ruelles inondées.
- Mise en place de tentes d’hébergement par les forces armées dans des zones plus élevées.
Des images et des vidéos montrent des familles évacuées avec leurs affaires essentielles, tandis que des équipes transportent les personnes isolées vers des sites sûrs.
Mesures d’hébergement et logistique
Des centres d’accueil ont été aménagés pour recevoir les sinistrés; parmi eux, un centre réservé aux femmes qui accueille plus de 200 personnes. Environ un millier de familles ont été relogées temporairement dans des établissements publics réquisitionnés.
Par ailleurs, la compagnie nationale des chemins de fer a annoncé la gratuité des déplacements depuis Ksar el-Kébir vers plusieurs destinations pour faciliter l’évacuation, et les autorités scolaires ont suspendu les cours pour la semaine suivante afin de préserver la sécurité des élèves.
Risque persistant et appels à la vigilance
Jusqu’à présent, aucun décès n’a été signalé, information qualifiée de «gain le plus important» par les responsables locaux. Toutefois, ces derniers avertissent que la menace reste réelle: des prévisions de pluies supplémentaires, notamment en amont dans les provinces de Ouezzane et Chefchaouen, pourraient faire remonter à nouveau le niveau du Loukkos.
Des représentants locaux ont qualifié ces crues d’«les plus sévères depuis les années 1970», et invitent la population à prendre au sérieux les consignes d’évacuation et de sécurité. Dans plusieurs douars, des centaines de familles restent encore isolées et demandent des vivres et un appui pour leurs bêtes.
Priorités à court terme et perspectives
La priorité immédiate est la protection des vies, le renforcement des moyens d’évacuation et la continuité des services de première nécessité. Les responsables annoncent que l’évaluation des dommages et l’examen des responsabilités se feront ultérieurement, afin de tirer des enseignements sur la gestion de ces événements extrêmes.
Des stocks de couvertures et de denrées sont distribués, tandis que des équipes restent mobilisées pour atteindre les zones encore inaccessibles et assurer un suivi des personnes évacuées.
Contexte régional
Les inondations de Ksar el-Kébir s’inscrivent dans un épisode pluvieux intense qui a affecté plusieurs régions du nord et de l’est du royaume, notamment Tétouan, Chefchaouen et Taza. Ces intempéries ont provoqué des crues soudaines, des dégâts aux infrastructures et un remplissage marqué des retenues d’eau.
Au plan national, le niveau des réserves dans les barrages a enregistré une hausse significative ces dernières semaines, reflétant l’ampleur des précipitations. Cette situation hydrologique exceptionnelle accroît le risque d’autres épisodes de débordement tant que les précipitations persistent.