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Inondations dans le nord syrien : négligence ou catastrophe ?

par Sara
Syrie

Cet hiver s’est transformé en déluge qui a balayé camps et villages du nord de la Syrie, ainsi que la périphérie de Lattaquié. Les tentes fragiles n’ont pas résisté aux torrents, provoquant dégâts matériels et déplacements massifs. Deux enfants ont péri et un troisième, apparemment un frère, a été secouru après avoir été emporté par les eaux dans la localité d’Aïn Aissa, en campagne de Lattaquié.

Les dégâts se sont étendus de Khirbet al-Jawz et Aïn al-Bayda jusqu’à Jisr al-Choughour, dans la campagne d’Idlib. Partout, les cours d’eau en crue ont fauché des biens, détruit des abris et précipité des familles déjà vulnérables dans une nouvelle précarité. À court terme, les besoins en abris plus sûrs, en couvertures et en soins d’urgence se sont brutalement accrus.

Des images poignantes

Sur les réseaux sociaux, des vidéos et des photos ont circulé et marqué les esprits : une femme en larmes encerclée par l’eau à l’intérieur de sa tente, un homme debout au milieu des flots tentant désespérément de secourir ses voisins. Ces scènes, largement relayées, illustrent la vulnérabilité extrême des populations déplacées face aux phénomènes météorologiques violents.

Colère et revendications

Les scènes ont suscité une vague de colère et d’interrogations parmi les Syriens. Beaucoup dénoncent la permanence de ce que certains appellent « la même maladie depuis 14 ans » et exigent des réponses concrètes. Le slogan « zéro tente » revient comme une revendication phare parmi les voix réclamant la fin de la vie sous toile.

Parmi les demandes exprimées, on retrouve notamment :

  • la priorité nationale au dossier des camps ;
  • un calendrier précis pour des projets de relogement durable ;
  • l’arrêt progressif des solutions provisoires au profit d’habitations dignes.

Réponse officielle et débat public

Le ministre des Situations d’urgence et de la Gestion des Catastrophes a publiquement présenté ses excuses aux habitants des camps, reconnaissant la difficulté de la situation et la dégradation des infrastructures après des années d’absence d’entretien. Il a admis la limite des moyens disponibles et a rappelé que même des pays dotés d’infrastructures avancées subissent parfois des inondations majeures.

Ces déclarations ont ravivé le débat : certains estiment qu’il est injuste de « surenchérir » contre le gouvernement compte tenu des contraintes matérielles, tandis que d’autres contestent l’idée que les ressources limitées dispensent d’élaborer une vision et un plan clairs. La tension porte désormais autant sur la gestion immédiate des secours que sur l’exigence d’un plan de sortie des tentes pour 1,5 million de personnes vivant dans ces camps.

Face à ces nouvelles inondations, le besoin d’une stratégie détaillée et chiffrée apparaît comme une urgence humanitaire et politique. En attendant, les images des camps submergés rappellent crûment que les inondations Syrie ne sont pas seulement un phénomène météorologique : elles révèlent aussi l’échec persistant à assurer la sécurité et la dignité des déplacés.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/2/8/%d8%b3%d9%8a%d9%88%d9%84-%d8%a7%d9%84%d8%b4%d9%85%d8%a7%d9%84-%d8%a7%d9%84%d8%b3%d9%88%d8%b1%d9%8a-%d8%aa%d9%81%d8%ac%d8%b1-%d8%a7%d9%84%d8%ac%d8%af%d9%84-%d8%aa%d9%82%d8%b5%d9%8a%d8%b1

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