La réponse courte
Les troupes israéliennes ont quitté West Zawtar, dans le sud du Liban, en juillet 2026. Pourtant, au 8 octobre, environ 70 familles seulement étaient revenues et l’eau courante comme l’électricité restaient largement indisponibles. Ce village, premier test d’un dispositif de retrait progressif soutenu par Washington, montre le décalage entre trois étapes : le départ des soldats, le retour des habitants et le rétablissement des conditions de vie.1
Pour les familles revenues, habiter à nouveau le village ne signifie pas disposer d’une maison entièrement utilisable. La plupart occupent les parties de leur logement épargnées par les dégâts. Pour beaucoup, ce choix permet surtout d’éviter un loyer ailleurs ou un séjour dans un centre d’hébergement pour déplacés. Le nombre de retours mesure donc une présence retrouvée, pas le nombre de foyers dont la vie quotidienne a été rétablie.1
Les logements provisoires illustrent la même difficulté. Le Conseil du Sud, organisme de l’État libanais, a livré 16 maisons préfabriquées aux familles dont les habitations étaient inhabitables. La plupart restent pourtant inoccupées, sans accès à l’eau ni à l’électricité. Fournir un toit et rendre un logement utilisable sont ainsi deux tâches distinctes : ici, l’absence de services limite l’usage des abris déjà livrés.1
Le rétablissement de l’électricité dépend aussi de ce qui se passe au-delà du village. L’ancien raccordement passait par East Zawtar, localité voisine toujours occupée par les troupes israéliennes et soumise à des démolitions. Des agents publics commencent à prolonger les lignes vers une nouvelle station, plus éloignée. Le retrait de West Zawtar n’a donc pas suffi à rendre son ancien réseau de desserte de nouveau utilisable.1
L’accès aux terres reste lui aussi contraint. Des habitants dont les oliveraies se trouvent près des positions israéliennes demandent l’autorisation de rejoindre leurs arbres par un mécanisme de coordination entre les armées libanaise et israélienne, dirigé par les États-Unis. Certains craignent de recevoir cette autorisation trop tard pour la récolte. L’armée israélienne affirme que les restrictions de déplacement visent à protéger ses soldats et que le travail de suppression de la menace liée aux armes du Hezbollah n’est pas terminé.1
À l’échelle du dispositif pilote, aucune autre zone n’avait été convenue au moment du reportage du 8 octobre. Washington conditionne son extension à des opérations de sécurisation menées par l’armée libanaise dans la première zone et considère le désarmement du Hezbollah comme une partie intégrante du processus. À West Zawtar, la remise en service des logements et des réseaux reste un chantier distinct de cette négociation militaire : des familles sont revenues, mais la plupart des maisons préfabriquées attendent encore l’eau et l’électricité.1
La source
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