La réponse courte
Mohammed VI veut changer le cadre de la coopération migratoire entre le Maroc et l’Espagne. Le 9 octobre 2026, à l’ouverture du Parlement, le roi a estimé que le modèle actuel avait atteint ses limites face aux crises récurrentes. Il a annoncé une vision fondée sur le développement partagé, la compétitivité économique et la stabilité régionale : une orientation politique, pas encore un dispositif concret de remplacement.1
Ce constat ne signifie pas que le souverain considère les efforts marocains comme un échec. Il revendique au contraire des « résultats concrets » contre les migrations irrégulières. La distinction est importante : un bilan national jugé positif et un partenariat bilatéral jugé insuffisant peuvent coexister. Le premier porte sur les efforts du Maroc ; le second, sur la capacité du cadre commun à faire face aux crises.1
Le point de friction mis en avant concerne notamment les retours. Mohammed VI qualifie certaines décisions des tribunaux espagnols d’« obsolètes » et d’« irréalistes ». Il leur reproche d’entraver le rapatriement de mineurs et de personnes qu’il désigne comme de « faux demandeurs d’asile », ainsi que d’alimenter les intérêts des réseaux criminels. Ce sont les accusations du roi : elles ne permettent pas, à elles seules, de conclure que ces décisions sont juridiquement infondées ou que les demandes d’asile concernées sont frauduleuses.1
La situation à Ceuta donne à cette question des retours une portée concrète. En juillet, au moins 70 000 personnes ont traversé du Maroc vers l’enclave espagnole. La plupart sont reparties, mais des milliers sont restées, dont des mineurs. Le nombre des arrivées et celui des personnes encore présentes décrivent donc deux réalités différentes : l’ampleur du passage initial ne suffit pas à mesurer la situation qui persiste ensuite.1
Pour la suite, les trois axes avancés élargissent l’ambition au-delà de la seule gestion des passages et des rapatriements. Mais ils ne précisent pas encore comment le développement partagé, la compétitivité et la stabilité régionale modifieraient cette gestion. Aucun calendrier, financement ou mécanisme de mise en œuvre n’accompagne la proposition présentée. Mohammed VI maintient par ailleurs que le partenariat avec l’Espagne est un « choix souverain », qui ne sera soumis à aucune pression, menace ou chantage. L’annonce porte ainsi sur une volonté de refonte, pas sur la rupture du partenariat ni sur un nouvel accord déjà conclu.1
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