La réponse courte
Le Pakistan compte sur ses ports de la mer d’Arabie pour maintenir son activité commerciale, alors que ses passages terrestres avec l’Inde, l’Afghanistan et l’Iran sont fermés. Ce tableau, au 23 octobre 2026, impose une distinction : conserver une ouverture maritime permet de poursuivre des échanges, mais ne rétablit pas la circulation aux frontières avec les voisins. Le gouvernement pakistanais défend l’idée que ses ports limiteront l’effet des fermetures ; une compensation complète n’est pas établie.1
L’enjeu n’est donc pas de savoir si le pays peut encore commercer, mais par quelles voies. Les passages avec l’Inde sont fermés depuis environ huit ans, ceux avec l’Afghanistan depuis plus d’un an. Pour les six passages reliant le Pakistan à l’Iran, les autorités pakistanaises invoquent des raisons techniques et la lutte contre le terrorisme. Ces motifs sont ceux avancés par Islamabad, et non une explication indépendamment établie des fermetures.1
Le passage avec la Chine reste la seule ouverture terrestre présentée comme opérationnelle dans cet état des lieux. Sa disponibilité n’est toutefois pas garantie pour l’hiver : le chercheur en sécurité Imtiaz Gul avertit que les chutes de neige pourraient entraîner sa fermeture en décembre, comme chaque année. Il s’agit d’un risque saisonnier, pas d’une fermeture déjà intervenue.1
C’est ici que le relais maritime doit être apprécié à sa juste portée. Deux résultats différents sont en jeu : maintenir une activité commerciale par les ports et conserver des échanges terrestres directs avec les pays limitrophes. Le premier peut se poursuivre alors que le second reste entravé. Pour établir que les ports compensent les fermetures, il faudrait connaître les volumes concernés et la part effectivement réorientée vers la mer. Aucun bilan chiffré de cette compensation n’est disponible dans les éléments présentés le 23 octobre.1
Cette différence éclaire aussi l’ambition diplomatique d’Islamabad. Le Pakistan cherche à servir de médiateur entre Washington et Téhéran, tandis que son ministre de la Planification, Ahsan Iqbal, défend un rôle de trait d’union entre plusieurs régions d’Asie et le Moyen-Orient. Faciliter un dialogue et permettre le passage de marchandises restent pourtant deux capacités distinctes. L’ambition de médiation ne vaut ni résultat de négociation ni réouverture des liaisons commerciales avec l’Iran.1
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