La réponse courte
Environ 280 000 personnes étaient enregistrées comme disparues en Ukraine en septembre 2026. À Bakou, la quatrième Conférence internationale sur les personnes disparues a réuni responsables publics, experts médico-légaux et diplomates autour des recherches dans les conflits. Mais ce chiffre ne désigne pas un bilan de décès : enregistrer une disparition, clarifier le sort d’une personne et identifier des restes humains sont des démarches distinctes.12
Un autre nombre, très proche, concerne le travail du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). À la fin août 2026, son bureau de l’Agence centrale de recherches cherchait, avec les équipes en Russie et en Ukraine, à clarifier le sort de plus de 274 000 personnes. Ce périmètre n’est pas celui de toutes les disparitions : certains cas ne sont pas signalés au CICR. Il mesure donc les personnes concernées par ses recherches, pas un total exhaustif.2
Il serait ainsi trompeur de lire les 274 000 personnes de fin août et les quelque 280 000 de septembre comme deux points d’une même courbe. Les dates diffèrent, mais les catégories présentées aussi : d’un côté, des personnes dont le CICR cherche à éclaircir le sort ; de l’autre, des personnes enregistrées comme disparues. Ces deux valeurs ne permettent, à elles seules, de calculer ni une hausse mensuelle, ni le nombre de personnes retrouvées entre-temps.21
Pour une famille sans nouvelles, clarifier le sort d’un proche ne signifie pas nécessairement apprendre son décès. Le bureau intervient aussi lorsque des personnes ont été capturées ou ont fui leur domicile et perdu le contact. Son travail consiste à recueillir, analyser, protéger et transmettre des informations sur leur sort et leur localisation. Une réponse peut donc concerner une personne vivante et permettre de rétablir des liens familiaux.2
Le passage d’un signalement à une réponse exige de rapprocher des informations. Les listes transmises par les autorités peuvent être comparées aux noms recherchés par les familles ; les visites en détention et les demandes recueillies par les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge apportent d’autres éléments. Des liens entre personnes disparues ensemble, membres d’une même unité ou anciens codétenus peuvent également ouvrir des pistes. Ce traitement est complexe et prend du temps : accumuler des données ne suffit pas à résoudre chaque cas.2
Lorsqu’il s’agit de personnes décédées, une étape supplémentaire reste indispensable : l’identification des restes. Le bureau reçoit, traite et conserve les informations utiles, puis les transmet à la partie adverse par les bureaux nationaux d’information. Les familles ne sont informées qu’une fois les restes dûment identifiés par les autorités légalement habilitées. Un nombre de disparitions enregistrées ne renseigne donc pas, à lui seul, sur le nombre d’identifications achevées.21
Les 2 sources
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