La réponse courte
En Ukraine, les barrières remplies de sable et les abris en béton se multiplient autour des stations-service, alors que les frappes russes visant les distributeurs se sont étendues ces derniers mois à Kyiv, Dnipro et Kharkiv. Ce développement, documenté le 9 octobre 2026, répond au danger sur place. Il ne faut toutefois pas confondre une station fortifiée avec une station qui pourra servir du carburant à tout moment.1
Chez Ukrnafta, la protection matérielle passe notamment par des gabions : des cages grillagées remplies de sable, installées pour atténuer les risques liés aux explosions. L’entreprise en a dressé à Kyiv, où se trouvent environ 36 des 660 stations de son réseau, et prévoit d’en installer dans d’autres villes. L’urgence est concrète : au moins six de ses stations dans la capitale ont été touchées ces dernières semaines.1
Pour les clients, ces protections ne changent pas la consigne pendant une alerte. Lesya Zharska, directrice du réseau de stations d’Ukrnafta, précise qu’en cas d’alerte aérienne jaune ou rouge, le service s’arrête, les clients sont invités à partir et le personnel rejoint les abris. La fortification et l’interruption de l’activité sont donc deux mesures complémentaires : protéger les installations ne signifie pas maintenir les pompes ouvertes malgré le danger.1
La continuité de l’approvisionnement se prépare sur un autre plan. Lesya Zharska affirme que les stations du réseau sont désormais équipées de générateurs diesel de secours et que l’entreprise a contracté des importations de carburant suffisantes pour éviter les ruptures. Ces dispositions ne remplissent pas la même fonction que les barrières : elles préparent l’activité et l’approvisionnement, tandis que les gabions visent les risques sur le site. Aucune de ces mesures n’annule la fermeture prévue pendant les alertes.1
Ukrnafta assure que les frappes ne provoqueront pas de pénuries cet hiver, malgré une hausse de la demande attendue de 10 à 15 %. Cette assurance reste une prévision de l’entreprise, pas un résultat déjà constaté. La distinction utile est donc celle-ci : les protections cherchent à réduire les risques, les consignes organisent l’arrêt du service et les moyens logistiques préparent sa continuité. Leur mise en place ne démontre pas que chaque station sera accessible ni que du carburant sera disponible partout pendant l’hiver.1
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