Avec les États-Unis, l’Union européenne présente deux soldes de signes opposés au deuxième trimestre 2026 : un excédent de marchandises de 58,5 milliards d’euros et un déficit courant de 30,3 milliards. Ces estimations brutes d’Eurostat ne se contredisent pas. Elles montrent pourquoi les ventes de biens ne suffisent pas à lire une relation économique extérieure.3
Le mécanisme est comptable : le solde courant réunit les soldes des biens, des services, des revenus primaires et des revenus secondaires. Chaque solde correspond aux crédits moins les débits. Un excédent de marchandises apporte donc une contribution positive, sans garantir que l’ensemble restera positif lorsque les autres composantes seront prises en compte.12
Dans la relation avec les États-Unis, les services affichent un déficit de 49,2 milliards d’euros, les revenus primaires un déficit de 40,2 milliards. Les revenus secondaires présentent un excédent de 0,6 milliard. Les deux contributions négatives font plus que compenser l’excédent des biens : le compte courant est déficitaire malgré les marchandises.3
Les revenus primaires enregistrent notamment les rémunérations des salariés et les revenus liés à la détention d’actifs financiers extérieurs. Ce sont des revenus reçus ou versés entre économies, pas des ventes de marchandises. Une lecture limitée aux exportations et aux importations de biens laisse ainsi de côté une partie du compte courant.2
Le recul européen se lit au-delà des marchandises
Cette logique éclaire aussi le résultat européen publié par Eurostat le 2 octobre 2026. L’excédent courant de l’UE atteint 80,2 milliards d’euros au deuxième trimestre, contre 98,0 milliards au premier. Cette comparaison repose sur des données corrigées des variations saisonnières, et non sur les données brutes utilisées pour la relation avec les États-Unis.1
Les marchandises restent largement excédentaires : leur solde passe de 63,6 à 62,9 milliards d’euros. Leur faible recul ne suffit donc pas à comprendre celui du compte courant. Les services apportent aussi un excédent, mais moins élevé qu’au trimestre précédent : 41,7 milliards, contre 48,1 milliards.1

Les revenus primaires apportent beaucoup moins d’excédent
Le changement le plus marqué concerne les revenus primaires : leur excédent passe de 15,7 à 0,8 milliard d’euros. Ils ne deviennent pas déficitaires dans cette série corrigée, mais leur contribution positive se réduit fortement. Le solde courant peut donc reculer sans que les échanges de marchandises basculent dans le déficit.1
À l’inverse, le déficit des revenus secondaires, qui regroupent les transferts autres que ceux en capital, se réduit de 29,3 à 25,2 milliards d’euros. Cette contribution moins négative atténue le recul d’ensemble. L’enjeu n’est pas seulement de repérer les déficits : perdre une partie d’un excédent peut aussi peser sur le résultat total.12

Ces estimations restent provisoires et peuvent être révisées. Elles permettent de localiser les mouvements du solde, pas d’en établir la cause économique. Le compte courant mesure des transactions avec l’extérieur : son excédent n’est ni un excédent du budget de l’Union ni une mesure du revenu disponible des ménages.12
Les 3 sources
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