La réponse courte
Les forces gouvernementales yéménites soutenues par l’Arabie saoudite ont lancé une contre-offensive pour reprendre le littoral autour de Bab el-Mandeb et d’autres positions stratégiques, rapporte Reuters le 6 octobre 2026. L’opération vise des territoires conquis le mois précédent par les Houthis. Mais le camp qui cherche à les reprendre réunit des formations aux alliances mouvantes : leur adversaire commun ne fait pas disparaître leurs divergences sur l’avenir du Yémen.1
Un littoral stratégique, au-delà de la bataille terrestre
Le gouvernement reconnu internationalement avait annoncé, le 4 octobre, une campagne pour reprendre l’ensemble des territoires contrôlés par les Houthis. L’offensive autour de Bab el-Mandeb en donne un point d’application concret. Aucun bilan des positions reconquises ne figure toutefois dans les dépêches utilisées ici : l’objectif annoncé ne permet pas encore de mesurer l’avancée des forces engagées.21
La situation s’est déplacée vers ce passage maritime en septembre. Le 11, quatre sources gouvernementales yéménites avaient indiqué à Reuters que les Houthis étaient arrivés sur l’île de Perim après le retrait des forces gouvernementales. Le 4 octobre, l’agence décrivait le détroit comme passé sous leur contrôle. Ces prises de position successives expliquent pourquoi le littoral figure désormais au cœur de la contre-offensive.32
Bab el-Mandeb forme l’entrée sud de la mer Rouge, sur une route reliant le Golfe à la Méditerranée. La bataille pour les positions riveraines concerne donc aussi les abords d’un passage maritime international. La sécurité de la navigation reste une question distincte : les assurances données par le porte-parole houthi le 10 septembre étaient celles d’un acteur du conflit, et ne constituent pas un constat indépendant de la situation au 6 octobre.4
Un même adversaire, plusieurs projets pour le pays
Le Conseil de direction présidentiel, présidé par Rachad al-Alimi, constitue l’autorité reconnue internationalement. Créé en 2022 pour réunir les forces opposées aux Houthis, il reste paralysé par leurs divisions, selon Reuters. Le terme « gouvernementales » désigne ainsi un cadre politique commun ; il ne suffit pas à décrire le commandement des unités qui combattent sur le terrain.1
Les Brigades des Géants illustrent cette fragmentation. Leur principale faction est dirigée par Abou Zaraa al-Mouharrami, membre du Conseil présidentiel qui conduit les opérations sur le littoral de la mer Rouge. Une autre faction demeure fidèle aux Émirats arabes unis, tandis que les forces du Bouclier de la nation bénéficient désormais du soutien saoudien. Même à l’intérieur de cet ensemble militaire, les appuis extérieurs diffèrent.1
La divergence porte aussi sur le pays que ces forces veulent construire. Les forces de résistance nationale de Tarek Saleh défendent l’unité du Yémen ; le Conseil de transition du Sud poursuit un objectif de séparation. Combattre les Houthis répond donc à un intérêt partagé sans régler ce désaccord. C’est l’une des limites politiques de la reconquête annoncée : reprendre un territoire et s’entendre sur son avenir ne relèvent pas du même accord.1
Détroit d’Ormuz : Bab Musandam n’est pas un canal secret récemment creusé
Les 4 sources
Signaler une erreur- 1Rreuters.comحقائق-حقائق-من يقاتل في اليمن؟ | رويترز (nouvel onglet)
- 2Rreuters.comحكومة اليمن تشن هجوما لاستعادة جميع المناطق الخاضعة للحوثيين | رويترز (nouvel onglet)
- 3Rreuters.comمصادر: الحوثيون وصلوا إلى جزيرة بريم اليمنية في مضيق باب المندب | رويترز (nouvel onglet)
- 4Rreuters.comالحوثيون يقتربون من بسط السيطرة على مضيق باب المندب | رويترز (nouvel onglet)
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