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Iran et États-Unis proches d’un accord nucléaire après Genève

par Sara
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Des pourparlers indirects tenus à Genève ont rapproché l’Iran et les États‑Unis d’un possible accord nucléaire, a indiqué le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, tout en soulignant que des divergences majeures subsistent et que la diplomatie reste fragile face à une montée des tensions militaires dans le Golfe.

Progrès à Genève et prochaines étapes

Selon Araghchi, les négociations médiées par Oman ont permis d’établir un ensemble de « principes directeurs » sur la base desquels seront rédigés des textes d’accord potentiels. Il a qualifié le résultat de cette session de « bon progrès » par rapport à la précédente rencontre tenue à Oman plus tôt ce mois.

Il a expliqué qu’il faudrait du temps pour réduire l’écart entre les positions, mais que les deux parties s’engageraient à échanger des projets de textes, après quoi une date pour une troisième série de pourparlers serait fixée.

Réactions américaines

Aux États‑Unis, le vice‑président JD Vance a estimé que la diplomatie demeurait la voie privilégiée, tout en renvoyant une image plus réservée. Il a affirmé que certaines réunions s’étaient bien déroulées mais que le président avait posé des « lignes rouges » que l’Iran n’était pas encore prêt à accepter.

Vance a par ailleurs rappelé que Washington se donnait le droit d’interrompre le processus diplomatique si, selon lui, celui‑ci atteignait sa limite naturelle, laissant ainsi la porte ouverte à une option militaire en dernier recours.

Points de blocage

Plusieurs sujets restent centraux et difficiles à concilier. Téhéran réclame la levée des sanctions économiques massives, insistant pour que tout accord apporte des avantages économiques concrets et préserve sa souveraineté et sa sécurité.

  • L’Iran refuse d’accepter un abandon total de l’enrichissement d’uranium sur son territoire.
  • Washington exige l’arrêt de l’enrichissement et cherche à élargir les discussions à des dossiers non nucléaires, notamment le programme de missiles balistiques de Téhéran.
  • Sur ces questions non nucléaires, l’Iran a déclaré que ses capacités de missiles ne seraient pas négociables.

Tensions militaires dans le Golfe

Les négociations se déroulent sur fond de démonstrations de force. Les États‑Unis ont déployé deux porte‑avions dans la région, rapprochant des capacités aériennes lourdes à portée des côtes iraniennes.

Le guide suprême iranien a averti publiquement que l’Iran disposait de moyens susceptibles de couler un bâtiment de guerre, tandis que le Corps des gardiens de la révolution a entamé des exercices militaires dans le détroit d’Ormuz pour répondre à de « potentielles menaces ».

Par ailleurs, Téhéran a annoncé la fermeture temporaire de certaines parties du détroit d’Ormuz pour raisons de sécurité pendant ces manœuvres. Ce détroit demeure une voie stratégique pour les exportations pétrolières : une interruption prolongée pourrait réduire d’environ un cinquième les flux mondiaux de pétrole et provoquer une forte hausse des cours.

Analyses et déclarations officielles

Des analystes estiment qu’il existe un espace de compromis sur l’aspect nucléaire, notamment parce que le programme iranien a été affaibli sur le terrain depuis les frappes de l’année précédente. Cette réalité pourrait rendre plus acceptable, pour Téhéran, des concessions temporaires sur l’enrichissement.

Cependant, sur les questions régionales et militaires, les observateurs prévoient que l’Iran accordera au mieux des concessions limitées, loin d’un « grand marché » attendu par Washington.

Le président iranien Masoud Pezeshkian a réaffirmé que le pays ne cherche pas à se doter d’armes nucléaires et s’est dit ouvert à des vérifications. Il a ajouté que l’Iran entendait conserver le droit d’utiliser la science nucléaire à des fins civiles, notamment médicales, industrielles et agricoles.

Enfin, rappelons que l’Iran est partie au Traité de non‑prolifération, qui garantit le droit au nucléaire civil en échange d’engagements à renoncer aux armes atomiques et à coopérer avec l’Agence internationale de l’énergie atomique. Israël, quant à lui, maintient une politique d’ambiguïté à propos d’une éventuelle capacité nucléaire.

Voie à suivre

Les négociateurs ont désormais indiqué la marche à suivre : rédaction de projets d’accord et échange de ces textes avant une nouvelle rencontre. Malgré les « bons progrès » rapportés à Genève, la réussite d’un accord nucléaire Iran‑États‑Unis dépendra de la capacité des deux camps à surmonter les désaccords sur l’enrichissement et les questions de sécurité régionale, alors que la pression militaire dans le Golfe continue de peser sur le processus.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/2/18/irans-araghchi-hails-good-progress-in-nuclear-talks-with-us

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