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Iran : six morts lors de manifestations contre la crise économique

par Lea
France

Six personnes sont mortes lors des manifestations liées à la hausse du coût de la vie en Iran: un policier de 21 ans et cinq civils. Par ailleurs, 17 autres individus ont été blessés.

Le mouvement prend de l’ampleur: il est parti dimanche de Téhéran, où des commerçants avaient fermé boutique pour protester contre l’inflation, la dépréciation de la monnaie et le marasme économique. Il s’est ensuite étendu aux universités et au reste du pays. Jeudi, des heurts ont été signalés dans des villes moyennes de dizaines de milliers d’habitants.

À Lordegan, dans le sud-ouest, deux personnes ont été tuées selon l’agence Fars, qui évoque des civils. Des manifestants auraient commencé à jeter des pierres sur les bâtiments administratifs, dont le gouvernorat, la mosquée, la mairie et des banques; la police a utilisé du gaz lacrymogène. L’agence fait état d’importants dégâts et de l’arrestation de plusieurs personnes qualifiées de meneurs.

À Azna, à l’ouest, trois personnes ont été tuées et 17 blessées lors d’affrontements; selon elle, un groupe d’émeutiers a profité d’un rassemblement pour attaquer un commissariat de police.

Trente personnes accusées de troubles à l’ordre public ont également été arrêtées à Téhéran, selon l’agence Tasnim. Suite à une action coordonnée des services de sécurité et de renseignement, ces individus interpellés dans le district de Malard, à l’ouest de la capitale, auraient cherché à provoquer l’insécurité.

Plus tôt jeudi, un membre des forces de l’ordre a été tué au cours d’affrontements à Kouhdasht, dans l’ouest. Âgé de 21 ans et affilié au Bassidj, il défendait l’ordre public; les autorités font état de jets de pierres et de 13 policiers blessés.

Le président Massoud Pezeshkian a appelé le gouvernement à s attaquer aux difficultés liées au coût de la vie; il a indiqué que sans solution économique, le pays pourrait connaître des conséquences graves.

Mercredi, un bâtiment gouvernemental a été attaqué dans le sud du pays, à Fassa, alors que la quasi-totalité du pays était en congé pour des raisons climatiques et économiques. Les autorités n’ont officialisé aucun lien entre cet incident et les manifestations.

Le pouvoir a dès le début cherché à apaiser la situation, tout en reconnaissant des revendications légitimes liées aux difficultés économiques.

La justice a mis en garde contre toute tentative de déstabiliser le pays et a promis une réponse ferme si le mouvement était utilisé pour déstabiliser l’ordre public ou détruire des biens publics, ou soutenir des scénarios étrangers.

En début de semaine, une vidéo montrant une personne assise en plein milieu d’une rue de Téhéran face à des policiers à moto est devenue virale; certains y ont vu un symbole du moment Tiananmen. La télévision d’État a dénoncé une mise en scène et diffusé une version supposée différente prise par une caméra d’un policier.

Tasnim a indiqué l’arrestation de sept personnes décrites comme affiliées à des groupes hostiles à la République islamique, basés aux États-Unis et en Europe; les autorités n’ont pas précisé où ni quand ces interpellations ont eu lieu.

La monnaie nationale, le rial, a perdu plus d’un tiers de sa valeur face au dollar au cours de l’année écoulée, et une inflation élevée fragilise le pouvoir d’achat iranien. En décembre, le taux d’inflation était estimé à 52 % sur un an par le Centre de statistiques d’Iran, dans un contexte de sanctions internationales liées au programme nucléaire.

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