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Iran: un membre des forces de sécurité tué lors des manifestations en cours

par Marie
Iran

Des violences et des morts marquent la septième journée des manifestations en Iran, selon Mehr, l’AFP et d’autres agences. Le mouvement, parti des commerçants autour de Téhéran, s’est étendu à des dizaines de villes et porte des revendications économiques et politiques. Des bilans officiels évoquent au moins huit morts, dont des membres des forces de sécurité, sur fond d’hyperinflation et de difficultés économiques. Des vidéos circulent sur les réseaux sociaux, mais leur authenticité est difficile à vérifier.

Évolution du mouvement et bilan provisoire

Selon Mehr, Ali Azizi, membre du Bassidj, est tombé martyr après avoir été poignardé à l’arme blanche et par balles dans la ville de Harsin, lors d’un rassemblement d’émeutiers armés vendredi, a indiqué Mehr, citant un communiqué des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique.

Ces derniers jours, au moins huit morts ont été signalés, dont des membres des forces de sécurité, selon un bilan officiel. La contestation touche ou a touché, à des degrés divers, au moins 25 villes selon un comptage de l’AFP basé sur les annonces officielles et des médias. Essentiellement de taille moyenne, ces villes se situent dans l’ouest et le sud-ouest du pays où des dégradations et affrontements parfois meurtriers ont été rapportés.

À Darehshahr (ouest), environ 300 personnes ont lancé des cocktails Molotov, bloqué des rues et « exhibé des kalachnikovs » vendredi, a rapporté l’agence de presse Fars. Selon Tasnim, qui cite un responsable local, un homme a par ailleurs été tué vendredi dans la ville sainte de Qom, par l’explosion « dans ses mains » d’une grenade qu’il comptait utiliser.

Des vidéos sur la mobilisation inondent les réseaux sociaux, mais toutes ne peuvent pas être authentifiées.

Manifestants iraniens dans les rues de Téhéran
Manifestants dans une rue de Téhéran, selon Le Parisien

Réactions des autorités et du guide suprême

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a déclaré que les revendications économiques des manifestants étaient « justes », mais a ajouté que les « émeutiers » devaient être « remis à leur place ». « Les autorités du pays le reconnaissent, le président et d’autres responsables de haut rang s’efforcent de résoudre ce problème », a-t-il déclaré lors d’un discours à Téhéran. « C’est pourquoi les commerçants ont protesté contre cette situation, et c’est tout à fait juste », a-t-il ajouté. « Nous dialoguons avec les manifestants… mais il est inutile de dialoguer avec les émeutiers. Ces derniers doivent être remis à leur place », a toutefois affirmé le guide suprême.

Selon Fars, peu après ces déclarations, les autorités maintiennent une posture mêlant rappel des revendications légitimes et fermeté face à des actes jugés déstabilisants. L’agence Tasnim a rappelé que les heurts avaient lieu dans plusieurs villes et que des dégâts importants avaient été signalés, tandis que des vidéos circulaient mais restaient difficiles à authentifier.

Rassemblements dans l’ouest du pays
Rassemblements dans l’ouest du pays, illustrant la dynamique du mouvement

Portée et comparaisons historiques

Le décompte des villes touchées varie selon les sources: l’AFP énumère au moins 25 villes; France Info évoque jusqu’à 30 villes touchées; Sud-Ouest et d’autres médias relayent des chiffres proches, sans consensus officiel.

Le mouvement a débuté le 28 décembre à Téhéran, lorsque des commerçants ont fermé boutique pour protester contre l’hyperinflation et le marasme économique, et il s’est ensuite étendu aux universités et au reste du pays. Les autorités parlent d’un droit à la protestation tout en insistant sur le maintien de l’ordre, et les étudiants se sont joints en grand nombre à partir du troisième jour de mobilisation.

Pour mémoire, le contexte économique et les tensions sociales qui traversent l’Iran ont été rappelés par divers porte-parole, et la comparaison avec les manifestations de 2019 et la mort de Mahsa Amini demeure une référence fréquente pour certains commentateurs, tandis que d’autres soulignent que la dynamique actuelle est distincte et plus politisée.

Source: https://www.leparisien.fr/international/iran/manifestations-en-iran-un-membre-des-forces-de-securite-tue-par-balles-03-01-2026-CQOHQWS7SJBQJFHBDJPWC5NO5M.php

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