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Israël-Gaza : récupération d’une dépouille et polémiques politiques

par Sara
Palestine (Gaza), Israël

Dans une opération qualifiée par les responsables israéliens d’« accomplissement sans précédent », l’armée d’Israël a annoncé la récupération de la dépouille du dernier prisonnier identifié, Ran Ghafili, à Gaza. Ce succès revendiqué est toutefois entouré de polémiques politiques et d’interrogations sur la stratégie militaire adoptée durant le conflit.

Une dépouille au prix d’une vaste opération

Selon les correspondants présents sur place, l’armée a mené une opération de deux jours dans le quartier d’al-Tuffah, à l’est de la ville de Gaza, visant une zone connue sous le nom de « nécropole ». L’intervention a impliqué des fouilles et l’exhumation de centaines de tombes pour extraire des corps destinés à des examens médico-légaux.

Les autorités ont indiqué que les restes présumés du soldat ont été transférés à l’institut médico-légal pour vérification d’identité. L’opération s’est déroulée sous une couverture de tirs intenses et d’une puissante déflagration visant à sécuriser le repli des troupes.

Cette intervention a suscité une vive réaction sur le plan humanitaire, plusieurs observateurs dénonçant la mobilisation de moyens militaires importants pour retrouver une seule dépouille alors que des milliers de Palestiniens restent ensevelis sous les décombres dans la bande de Gaza.

Une manœuvre politique selon les médias

Des analyses relayées par des journalistes mettent en cause des calculs politiques au sommet de l’Etat israélien. Selon ces commentaires, l’exécutif aurait retardé l’autorisation d’une opération de fouille, malgré des informations de localisation disponibles, en visant des objectifs politiques plus larges.

Ce report serait lié à la volonté de certains dirigeants de gagner du temps afin d’éviter la mise en œuvre d’accords impliquant, notamment, l’ouverture du passage de Rafah. La dépouille du soldat aurait ainsi été instrumentalisée pour retarder des avancées humanitaires perçues comme gênantes politiquement pour la coalition au pouvoir.

Les chiffres contestent la thèse de la « pression militaire »

Les éléments chiffrés cités par des reporters jettent un éclairage différent sur l’efficacité du recours à la force pour récupérer des captifs.

  • Par le biais de négociations et de médiations, 126 détenus israéliens auraient été libérés en vie.
  • Les opérations militaires n’auraient permis, selon ces bilans, de retrouver vivants que huit prisonniers au cours du conflit.
  • Les incidents de tirs « amis » et les frappes ont conduit à la mort d’au moins 41 détenus israéliens pendant leur détention, nombre incluant des victimes liées à des tentatives de sauvetage ou à des bombardements.

Ces données relativisent la présentation de la récupération de la dépouille comme une victoire exclusivement militaire et soulignent l’impact, parfois tragique, des opérations sur la population détenue.

Paroles publiques et rivalités narratives

Dans un discours enregistré, le premier ministre israélien a affirmé que la découverte mettait fin à une phase qui aurait commencé en 2014, annonçant qu’« il n’y a plus aucun prisonnier ni dépouille d’Israélien » entre les mains des groupes armés. Il a salué le défunt comme un « héros » et rappelé son engagement à « ramener tout le monde ».

De leur côté, des responsables du mouvement palestinien ont déclaré que des informations transmises aux médiateurs ont permis de clore ce dossier, rappelant leur attachement aux engagements pris dans le cadre des cessez-le-feu et des échanges de prisonniers, et accusant l’occupant d’avoir entravé à plusieurs reprises ces processus.

Enjeux humanitaires et politiques

La récupération de la dépouille ravive un débat plus large sur la priorité accordée aux obligations humanitaires et sur les instruments politiques utilisés durant le conflit. Pour de nombreux observateurs, la disproportion des moyens mobilisés et le calendrier des décisions traduisent une instrumentalisation du sort des victimes à des fins partisanes.

Alors que la communauté internationale continue de s’interroger sur la situation des victimes et des décombres à Gaza, la question de l’ouverture des passages et de la garantie d’accès humanitaire demeure au cœur des tensions politiques qui ont encadré cette opération.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/1/26/%d8%a7%d9%84%d9%88%d8%ac%d9%87-%d8%a7%d9%84%d8%a2%d8%ae%d8%b1-%d9%84%d8%b9%d9%85%d9%84%d9%8a%d8%a9-%d8%a7%d9%86%d8%aa%d8%b4%d8%a7%d9%84-%d8%ac%d8%ab%d8%a9-%d8%a2%d8%ae%d8%b1-%d8%a3%d8%b3%d9%8a%d8%b1

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