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L’armée israélienne et le service de sécurité intérieure (Shin Bet) ont annoncé le lancement d’une vaste opération militaire à Hébron, en Cisjordanie, ciblant notamment le quartier de Jabal Johar. Selon le communiqué conjoint, l’intervention, menée avec le concours de la police et des gardes-frontières, doit se poursuivre «pendant plusieurs jours» et s’accompagner d’importants mouvements d’engins militaires.
Percée dans Jabal Johar et objectifs affichés
Les forces ont investi le quartier de Jabal Johar dès la nuit précédente, indiquant vouloir «démanteler des infrastructures» et confisquer des armes dans le cadre d’une opération qualifiée de lutte contre le terrorisme. Les autorités ont annoncé des opérations de recherche et des saisies, ainsi qu’une intensification des déplacements de véhicules blindés.
Des témoins locaux rapportent une campagne d’arrestations sur le terrain, la fermeture de plusieurs voies intérieures et l’imposition de restrictions sévères à la circulation, dont l’interdiction de sortie dans certains secteurs. Ces mesures ont provoqué des perturbations considérables pour les habitants.
Déploiement massif et visée stratégique
Des médias israéliens ont fait état du déploiement de centaines de soldats et d’unités spéciales dans la ville, précisant que l’opération vise notamment la confiscation de quantités importantes d’armes. Les autorités militaires ont justifié l’action par des impératifs sécuritaires, tandis que des voix locales et d’experts expriment un autre diagnostic.
Le chercheur en affaires israéliennes Suleiman Bisharat estime que l’opération dépasse les simples motifs sécuritaires avancés par l’armée. Selon lui, la zone visée est déjà sous forte tutelle sécuritaire et entourée de colonies, et l’objectif réel serait d’accroître la maîtrise de l’espace autour du site sacré connu sous le nom du Haram al-Ibrahimi.
Il alerte sur une dynamique visant, selon lui, à reproduire un modèle déjà observé à Jérusalem en limitant la présence palestinienne dans la vieille ville de Hébron, ce qui ouvrirait la voie à un renforcement de l’implantation coloniale.
Développements récents en Cisjordanie
Parallèlement à l’opération à Hébron, l’armée israélienne a mené plusieurs interventions dispersées à travers la Cisjordanie. Des sources locales font état de l’arrestation de deux Palestiniens dimanche soir, de la mise sous contrôle temporaire d’une mosquée et de la transformation d’une maison en poste militaire lors de perquisitions.
Dans la région de la vallée du Jourdain, des raids ont visé une petite localité où des habitants ont vu leurs tentes fouillées en présence de colons protégés par l’armée. À Kafr Nima, à l’ouest de Ramallah, des fidèles ont été retenus à l’intérieur de la vieille mosquée pendant des opérations qui ont inclus l’usage de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogène, provoquant panique et inquiétude parmi la population locale, en particulier les femmes et les enfants.
Plus au nord-est de Ramallah, des militaires ont saisi un véhicule à un point de contrôle près de la localité d’Al‑Mughayer.
Incursions et contrôles quotidiens
Les incursions ont aussi inclus des perquisitions de domiciles, des interrogatoires sur place et l’installation de barrages à l’entrée de plusieurs villages. Dans la périphérie de Jérusalem, l’armée a établi un poste de contrôle à l’entrée d’une bourgade et a procédé à des fouilles de véhicules et de cartes d’identité.
- Multiplication des arrestations de terrain.
- Fermetures ponctuelles de rues et quartiers.
- Utilisation d’engins et de moyens militaires motorisés pour les contrôles.
Contexte plus large et bilan humain
Ces opérations s’inscrivent dans un contexte de tensions exacerbées depuis le déclenchement du conflit à Gaza le 7 octobre 2023 et les deux années qui ont suivi. Les autorités palestiniennes affirment que la pression israélienne en Cisjordanie s’est intensifiée, mêlant opérations militaires, démantèlement de familles et extension de l’implantation coloniale.
Selon des bilans officiels palestiniens, ces deux dernières années ont fait au moins 1 107 morts et environ 11 000 blessés parmi les Palestiniens, tandis que plus de 21 000 personnes auraient été arrêtées. Ces chiffres donnent une mesure des conséquences humaines des opérations répétées en Cisjordanie.