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Les forces israéliennes ont tué deux personnes dans le sud du Liban, la veille d’une réunion d’un comité chargé de surveiller le cessez-le-feu en vigueur depuis un an entre Israël et le Hezbollah.
Selon l’agence nationale libanaise NNA, l’attaque a visé une maison à Kfar Dunin, dans la région de Bint Jbeil. L’armée israélienne a affirmé avoir ciblé deux membres du Hezbollah, qualifiant l’un d’« ingénieur terroriste » impliqué dans la reconstitution d’infrastructures du groupe.
Réunion du comité de surveillance prévue mercredi
La frappe intervient alors que le comité chargé de faire respecter le cessez-le-feu se réunira mercredi. Ce comité rassemble des représentants de la France, d’Israël, du Liban, des États-Unis et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (UNIFIL).
Depuis le cessez-le-feu de novembre 2024, les attaques israéliennes ont fait plus de 300 morts au Liban, dont au moins 127 civils. Par ailleurs, plusieurs bombardements récents ont entraîné des évacuations forcées d’au moins quatre villages dans le sud et l’est du pays.
Un immeuble à plusieurs étages a été réduit en gravats dans une zone industrielle de Ghaziyeh, près de Saïda, selon une vidéo vérifiée par des agences de presse et des photographes présents sur place.
Réactions libanaises et analyses
Le président libanais Joseph Aoun a déclaré que « les attaques continues d’Israël visent à faire échouer tous les efforts locaux, régionaux et internationaux » destinés à freiner l’escalade. Il a souligné que ces agressions persistent malgré les réponses du Liban à différents niveaux.
Depuis Beyrouth, l’analyste en sécurité Ali Rizk a noté que ces frappes ne surprennent pas, faisant allusion à la récente rencontre entre le président américain et le Premier ministre israélien à Mar-a-Lago. « Il y a eu des informations laissant entendre qu’Israël avait reçu un feu vert pour intensifier ses actions contre le Hezbollah », a-t-il déclaré.
Préoccupations de l’ONU et incidents près de la « ligne bleue »
Le porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Stéphane Dujarric, a indiqué lors d’un point de presse que des frappes israéliennes ont eu lieu à proximité immédiate des casques bleus de l’UNIFIL, le long de la « ligne bleue » qui délimite de facto la frontière entre Israël, le Liban et les hauteurs du Golan occupées.
Les frappes viseraient des zones situées au nord de la rivière Litani, notamment dans la plaine de la Bekaa occidentale et le sud libanais. L’UNIFIL a détecté plusieurs raids aériens dans sa zone d’opérations et signalé des activités répétées d’avions de combat.
Les casques bleus ont aussi rapporté des tirs directs provenant de positions israéliennes au sud de la ligne bleue : impacts d’armes légères dans la zone de Kfar Shouba, tir d’un char Merkava près de Shab’a, et des tirs à proximité d’une position de l’ONU.
Visite du responsable des opérations de paix et suite politique
Jean‑Pierre Lacroix, sous‑secrétaire général de l’ONU pour les opérations de maintien de la paix, en visite au Liban, a indiqué sur le réseau X qu’il avait rencontré des casques bleus « qui accomplissent leur mission dans des conditions de plus en plus difficiles et dangereuses ». Il doit rencontrer des responsables libanais mercredi.
Par ailleurs, le gouvernement libanais doit se réunir cette semaine pour examiner les progrès de l’armée dans le plan de désarmement du Hezbollah, lancé sous forte pression américaine et dans un contexte de crainte d’une intensification des frappes israéliennes.
Selon le calendrier annoncé, l’armée devait achever le désarmement au sud de la Litani d’ici la fin 2025 avant d’étendre l’opération au reste du pays. Le président Aoun a affirmé que le plan visant à « étendre l’autorité sur le sud de la Litani » avait été mis en œuvre par l’armée « avec professionnalisme, engagement et précision ».