À l’approche de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre, le bilan du VIH et les perspectives de vaccination restent au cœur des questions de santé publique en France et dans le monde. Les chiffres publiés pour 2024 montrent des avancées, mais aussi des défis persistants, notamment en matière de dépistage et d’accès au traitement. Alors que les traitements permettent de vivre avec le virus, les données soulignent l’importance des dons et des dispositifs préventifs pour soutenir la recherche et l’accès aux soins.
Journée mondiale du sida 2025: bilan mondial et national
Globalement, 40,8 millions de personnes vivaient avec le VIH en 2024, dont 1,4 million d’enfants et 39,4 millions d’adultes de plus de 15 ans. Plus de la moitié des personnes touchées (53 %) sont des femmes ou des filles. Environ 77 % des personnes vivant avec le VIH avaient accès à un traitement en 2024, mais le nombre de nouvelles infections restait élevé: 1,3 million sur l’année, avec 630 000 décès liés au sida depuis le pic de la pandémie.
En France, les données de Santé publique France montrent 5 100 découvertes de séropositivité en 2024. Parmi les personnes nouvellement dépistées, 53 % étaient hétérosexuelles, 42 % des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, 2 % des personnes trans et 1 % des usagers de drogues injectables. En 2024, 43 % des infections ont été détectées à un stade tardif, et 27 % à un stade avancé; le nombre de personnes vivant avec le VIH non encore diagnostiquées est estimé à environ 9 700, une légère diminution par rapport à 2023.
En matière de prévention et de traitement, les données montrent des évolutions clés: l’accès à la prophylaxie pré-exposition (PrEP) s’est étendu, et depuis le 1er juin 2021, les médecins peuvent effectuer la première prescription de ce traitement; au premier semestre 2024, environ 103 407 personnes utilisaient la PrEP. Depuis l’été 2024, un nouveau médicament antirétroviral promet d’être plus efficace sur le plan préventif, le lénacapavir, ayant été associé à une réduction des infections dans les essais.

Vaccins et perspectives: espoirs et limites
Plus de quarante ans après la première alerte sur le sida, il n’existe toujours pas de vaccin, en raison de la grande complexité du VIH.
Le virus présente une capacité de mutation rapide et de nombreux sous-types, ce qui complique le développement d’un vaccin durable.
L’essai dit «Thaï», de 2009, a montré une efficacité de protection de 31%.
Cependant, des espoirs subsistent avec un candidat-vaccin élaboré par l’Institut de recherche vaccinale. L’essai de phase 1 a donné des résultats encourageants, qui devront être confirmés lors d’un autre essai de phase 1 prévu au Pérou.
Selon l’immunologiste Yves Lévy, qui pilote le développement de ce vaccin, il aurait passé «une étape cruciale».