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Juliet Stevenson déplore le silence de la scène britannique sur Gaza

par Sara
Royaume-Uni, Palestine, Israël

Juliet Stevenson, figure emblématique du théâtre et du cinéma britanniques, multiplie depuis deux ans prises de parole, manifestations et productions pour alerter sur la situation à Gaza et en Cisjordanie occupée. Elle dénonce avec force ce qu’elle qualifie d’atrocités et appelle ses pairs et le grand public à rompre le silence autour de ce qui se passe pour les civils palestiniens.

Mobilisation auprès des mères britanniques

La semaine dernière, Juliet Stevenson a signé, aux côtés de dizaines d’autres personnalités culturelles, une lettre adressée à la fondatrice de Mumsnet. Les signataires demandent à la plateforme de soutenir moralement les parents palestiniens et d’exercer une pression sur le gouvernement britannique pour que les cliniques maternelles bloquées en Égypte puissent entrer à Gaza.

Ils insistent également pour que les ONG obtiennent un accès élargi aux populations et que les fournitures essentielles pour femmes et filles — protections menstruelles, produits d’hygiène et matériels obstétricaux — soient livrées sans entraves. Mumsnet a indiqué qu’une rencontre avec la délégation serait organisée.

Pourquoi s’adresser à Mumsnet ?

Stevenson explique que Mumsnet rassemble des millions d’utilisatrices et d’utilisateurs au Royaume-Uni et capte l’attention des responsables politiques en raison de son audience. Selon elle, la communauté des mères dépasse les clivages sociaux et religieux, et constitue un réseau puissant pour soutenir d’autres mères en détresse.

Cette campagne vise à offrir une action concrète pour ceux qui veulent aider mais ne savent pas comment s’y prendre. Stevenson la présente comme un moyen accessible pour que des citoyens se mobilisent via leurs propres communautés.

Le témoignage d’une mère

Interrogée sur son ressenti face aux violences, elle se dit « sans voix » et profondément bouleversée. Elle rappelle que l’amour parental est universel et s’interroge sur l’inaction des dirigeants face à la souffrance infligée aux enfants palestiniens.

Juliet Stevenson évoque des chiffres alarmants : une hausse importante de la mortalité infantile, une explosion des fausses couches et des naissances prématurées, ainsi qu’un système de santé à Gaza largement détruit, avec des hôpitaux fonctionnant en l’absence de ressources essentielles.

Les racines de son engagement

Son engagement remonte à de nombreuses années. Elle dit avoir été marquée dès le départ par ce qu’elle perçoit comme une injustice profonde envers le peuple palestinien. Sa sensibilité personnelle est aussi façonnée par des liens familiaux liés à l’histoire juive européenne et par la lecture d’auteurs palestiniens et israéliens.

Stevenson affirme qu’on peut défendre la sécurité des Israéliens tout en condamnant les politiques qui portent atteinte aux droits des Palestiniens. Pour elle, la question est humaine et transcende les appartenances.

Déplorer le silence de la scène culturelle

Elle se dit « profondément déçue » par le silence d’une partie de l’industrie culturelle et par la façon dont la pression médiatique et politique a réduit l’espace de parole. Pour Stevenson, l’absence de prise de position équivaut aujourd’hui à une forme de collusion face aux violences.

Elle appelle les artistes et les institutions culturelles à assumer leur rôle de témoins et de voix pour la condition humaine : « Notre métier consiste aussi à refléter l’expérience humaine. Si nous n’agissons pas face à ce génocide, alors que faisons‑nous ? »

Le coût possible pour une carrière

Consciente des risques professionnels liés à ses prises de position, Juliet Stevenson déclare qu’elle préfère renoncer à travailler avec ceux qui la sanctionneraient pour ses convictions. Elle ajoute qu’aucune carrière ne vaut, selon elle, la vie d’enfants palestiniens et souhaite pouvoir se regarder en paix à la fin de sa vie.

Malgré ces risques, elle affirme n’avoir pas encore été pénalisée et se dit optimiste quant à la présence de collègues solidaires au sein de l’industrie.

Perspectives et détermination

Stevenson insiste sur la nécessité de maintenir Gaza visible dans l’espace public et médiatique pour que le mouvement pour la paix et la justice reste actif. Son engagement a transformé ses cercles d’amitié et son quotidien ; elle fréquente désormais beaucoup de personnes mobilisées pour cette cause.

Sa devise personnelle, qu’elle tient depuis l’enfance, résume son état d’esprit : « Le désespoir est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre. » L’expression « Juliet Stevenson Gaza » est désormais associée, pour beaucoup, à cette volonté de ne pas laisser s’éteindre l’attention sur la crise humanitaire.

Soutien familial et inquiétudes

Son mari et leurs enfants, qui s’identifient comme juifs, soutiennent son action. Stevenson met en garde contre l’assimilation systématique de la critique de l’État israélien à l’antisémitisme, qu’elle juge dangereuse et injuste pour les populations juives qui s’opposent aux politiques actuelles.

Elle se dit renforcée par le soutien de sa famille et par la présence de nombreux Juifs qui proclament que les actions menées en leur nom ne représentent pas leurs convictions.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/1/14/juliet-stevenson-on-gaza-im-disappointed-by-the-silence-in-my-industry

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