Des accusations d’agressions sexuelles et de viols visant le chanteur Julio Iglesias ont été portées devant la justice espagnole, après qu’une plainte a été déposée le 5 janvier. L’enquête est menée par l’Audiencia Nacional et couvre des faits présumés remontant à 2021 dans des résidences privées en République dominicaine et aux Bahamas. Deux anciennes employées, dont l’une avait 22 ans au moment des faits et l’autre 28 ans, affirment avoir subi des violences sexuelles, du harcèlement et des humiliations durant leur travail. Des éléments fournis par Univision et elDiario.es décrivent un climat de contrôle et de terreur, et les témoins interrogés au cours de trois années d’enquête auraient été une quinzaine.
Des faits présumés et cadre judiciaire
Les faits décrits se seraient produits en 2021 dans des résidences privées du chanteur en République dominicaine et aux Bahamas, selon Univision et elDiario.es. Rebeca, identifiée sous ce pseudonyme, affirme avoir été soumise à des violences sexuelles et à des gestes autoritaires; « Je me sentais comme un objet, comme une esclave en plein XXIe siècle », a-t-elle déclaré. « Il me mettait les doigts partout », a-t-elle ajouté. L’autre plaignante, Laura, détaille des témoignages d’attouchements et de baisers forcés, citant aussi des gestes violents et des humiliations durant la journée de travail. L’Audiencia Nacional est saisie pour déterminer si les témoignages permettent d’organiser un procès en Espagne et s’il existe une possibilité d extradition. L’enquête, qui dure depuis trois ans, a entendu près de 15 personnes et cherche à éclaircir les faits en présence des deux femmes.

Réactions et contexte
La presse et des responsables politiques ont réagi rapidement en Espagne. Yolanda Díaz, la deuxième vice-présidente du gouvernement, a dénoncé sur Bluesky « des témoignages glaçants » dignes d’une « situation d’esclavage ». Ana Redondo, ministre de l’Égalité, a demandé sur X qu’une enquête soit menée jusqu’à son terme sur les faits dénoncés. D’autres personnalités et éditeurs ont exprimé leur consternation et ont indiqué qu’ils prendraient des mesures éditoriales ou légales selon l’évolution du dossier.
Julio Iglesias, né en 1943 et figure majeure de la chanson latino, n’a pas réagi aux sollicitations d’Univision, elDiario.es ou de l’AFP, selon les rapports des médias suivis par l’enquête. L’article rappelle que l’artiste a vendu des centaines de millions de disques et que son image publique contraste avec les allégations portées par les plaignantes selon les sources. En parallèle, l’écrivain Ignacio Peyró, auteur de la biographie d’Iglesias (L’Espagnol qui a séduit le monde entier), et la maison d’édition Libros del Asteroide ont exprimé leur profonde consternation, et promis dès que possible une nouvelle édition révisée et actualisée de l’ouvrage.