Accueil ActualitéKeir Starmer et la hausse des impôts : un paradoxe pour les artisans

Keir Starmer et la hausse des impôts : un paradoxe pour les artisans

par Sara
Royaume-Uni

Les récentes hausses d’impôts annoncées par le gouvernement britannique, dirigé par Keir Starmer, suscitent l’indignation parmi les artisans, en particulier ceux issus du secteur de l’outillage. Bien que Starmer se prévienne souvent de ses origines modestes, son administration semble imposer des taxes écrasantes qui mettent en péril les petites entreprises, notamment celles qui fabriquent des outils.

Des hausses de taxes qui mettent les artisans à mal

Sir Keir Starmer a souvent mentionné durant sa campagne électorale que son père était artisan, un sujet qui a suscité des rires dans le public. Pourtant, aujourd’hui, en tant que Premier ministre, il impose des taxes supplémentaires qui frappent durement des groupes comme les artisans, à l’image de son propre père, Rodney, qui dirigeait l’Oxted Tool Company dans le Surrey.

Malgré le décès de Rodney Starmer en 2018, les artisans comme lui constituent l’épine dorsale de l’industrie britannique de l’ingénierie, et leur colère grandit face aux récentes hausses d’impôts révélées dans le budget de Rachel Reeves. Le ministre des Finances a annoncé une augmentation surprise des cotisations d’Assurance nationale (NI) à partir d’avril prochain, passant de 13,8 % à 15 %, ce qui devrait rapporter 20 milliards d’euros au Trésor.

Les conséquences pour les petites entreprises

Des experts indépendants mettent en garde contre les conséquences potentiellement catastrophiques de cette politique, prévoyant que certaines entreprises pourraient faire faillite. Steve Leigh, de la société de services professionnels Aon, estime qu’une petite entreprise de dix employés, chacun gagnant 35 000 euros par an, verra sa facture NI augmenter de 11 000 euros. En effet, le cabinet de conseil fiscal Blick Rothenberg indique que le coût total annuel pour employer un tel salarié augmentera de 25 %.

Aamer Younis, directeur de Henry Taylor Tools à Sheffield, fait partie de ces artisans qui devront payer des cotisations NI supplémentaires. Son entreprise, qui fabrique des pièces de menuiserie à la main depuis 1834, se trouve dans une situation précaire face à cette augmentation. Younis déclare : « Si le père du Premier ministre était artisan, pourquoi ne nous soutient-il pas ? » Il ajoute que leur entreprise, connue pour la qualité de ses outils, est maintenant confrontée à des charges fiscales qui pourraient compromettre sa survie.

Artisans en colère contre les hausses d'impôts imposées par le Parti travailliste. Amanda Coffman, responsable commerciale de Thor Hammer Company, s'inquiète que l'augmentation de l'NI empêche son entreprise d'investir dans de nouveaux équipements.

Une demande de soutien pour le secteur artisanal

Les artisans comme Younis veulent que le gouvernement soutienne le « made in Britain » au lieu de favoriser des concurrents étrangers. « Nous ne pouvons pas rivaliser en prix avec des outils de mauvaise qualité fabriqués en Chine, et cette hausse des taxes va uniquement augmenter nos prix, rendant les choses plus difficiles pour tous », souligne-t-il.

Amanda Coffman, responsable commerciale de Thor Hammer Company, partage des inquiétudes similaires. Elle affirme que l’augmentation des cotisations NI nuira non seulement à son entreprise, mais aussi à l’ensemble de l’économie britannique. Son entreprise familiale, qui a plus de 100 ans, dépend de l’exportation et emploie une équipe de 36 personnes pour fabriquer des outils de qualité pour plus de 50 pays.

L'entreprise familiale de coupe de scies avec l'employé Thomas Finn à Sheffield. Le seuil de l'NI pour les employeurs a chuté de 9 100 euros à 5 000 euros par an.

Un appel à la reconnaissance et au soutien

Katie Ellis, directrice de Thomas Flinn & Co à Sheffield, critique également la politique fiscale de Starmer. Bien qu’il se vante de ses origines modestes, elle estime qu’il ne comprend pas les réalités du secteur artisanal. « Nous voulons que le gouvernement reconnaisse l’importance de notre métier, qui est le pilier de l’industrie manufacturière », dit-elle.

Ellis plaide en faveur d’un soutien accru pour encourager les jeunes à s’engager dans le métier. Elle pointe que leur dernier apprenti a été trouvé sur Instagram, soulignant ainsi la nécessité d’initiatives pour attirer de nouveaux talents dans l’artisanat.

Les dirigeants d'entreprise affirment que le Premier ministre vit dans une bulle élitiste, loin de la réalité du travail artisanal.

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