Le texte publié par l’administration Trump, actualisé le 5 décembre 2025 et daté de novembre, s’inscrit dans une révision de la stratégie de sécurité nationale des États‑Unis. Il s’en prend explicitement aux Européens sur certains aspects de leur sécurité et affirme qu’il n’y aura pas d’élargissement de l’OTAN. Selon Dmitri Peskov, porte‑parole du Kremlin, la version ne mentionne plus de « menace russe » de manière explicite, ce qui constitue un point clé de l’analyse russe. Le document est publié à un moment où les relations transatlantiques se trouvent sous tension et où les pays européens reconsidèrent leur posture face à Moscou.
Le porte‑parole du Kremlin a qualifié le texte « d’étape positive ». Il a ajouté que le document se distingue par une approche différente de celle des administrations précédentes, notamment en ce qui concerne les rapports entre Washington et Moscou. Il a précisé que le Kremlin va « étudier et analyser » le contenu pour en mesurer les implications. Cette réaction reflète un calcul diplomatique : saluer publiquement le texte tout en gardant une marge d’observation sur ses effets réels.
Avant même les articles de fond, la version Trump 2025 évoque la Russie à plusieurs reprises, y compris dans le contexte de la guerre en Ukraine. Le document rappelle qu’à la suite de l’intervention russe, les relations entre l’Europe et la Russie se sont profondément détériorées et que de nombreux Européens considèrent désormais la Russie comme une menace existentielle. Il insiste aussi sur l’objectif des États‑Unis de favoriser un cessez‑le‑feu rapide et de rétablir une stabilité stratégique avec Moscou, ce qui représente une orientation contrastant avec certaines postures passées. Enfin, il suggère que la stabilité européenne dépend en partie d’un rééquilibrage de la sécurité européenne et d’un engagement plus clair de la part des alliés transatlantiques.
La comparaison avec la version de sécurité nationale publiée en octobre 2022 est frappante par la tonalité et le compte des mentions. Le document de Biden évoquait la Russie 71 fois, tandis que la version de Trump, actualisée en 2025, n’en mentionne que 10. Cette différence est présentée comme l’indice d’un changement de traitement et d’un cadrage des relations bilatérales, même si le texte reste ferme sur certains impératifs de sécurité et de compétitivité mondiale.
Concernant l’Europe, le document affirme qu’un « effacement civilisationnel » des valeurs européennes pourrait se produire si les tendances actuelles se poursuivaient, évoquant des scénarios où les migrations, les identités culturelles et les structures du pouvoir pourraient se modifier sensiblement au cours des deux prochaines décennies. Cette thèse s’accompagne d’un plaidoyer pour des positions plus dures sur l’immigration et sur le rôle de l’Europe dans l’ordre international. En réaction, l’Allemagne a déclaré qu’elle n’avait pas besoin de conseils externes et a réaffirmé l’importance des liens avec les États‑Unis, tandis que la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a rappelé que les États‑Unis restent le plus grand allié et qu’il est essentiel de préserver l’unité des alliés.
En outre, le texte de Trump 2025 présente une révision marquante des priorités et des cadres d’analyse, en maintenant une position ferme sur certains points tout en adoucissant certaines formulations concernant la Russie par rapport à la version précédente. Les réactions des capitales européennes et russes s’inscrivent dans un paysage international où les alliances et les adversaires historiques restent au cœur des préoccupations stratégiques.