Laurent Wauquiez, président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, a récemment intensifié la pression sur le gouvernement en menaçant de ne pas voter le prochain budget en cas de hausses d’impôts, notamment la suppression potentielle de l’abattement fiscal dont bénéficient les retraités. Cette annonce intervient alors que la tension monte au sein de la droite française, entre les ambitions présidentielles de Wauquiez et les rivalités internes.
Une menace directe à Matignon
Lors d’une rencontre tendue à Matignon le mardi 29 avril, Laurent Wauquiez n’a pas caché son mécontentement face aux propositions du gouvernement, en particulier celles avancées par la ministre chargée des comptes publics, Amélie de Montchalin. Il a clairement averti François Bayrou, ministre délégué à la Coordination des politiques gouvernementales, que son groupe parlementaire ne participerait pas au vote du budget si des augmentations d’impôts étaient retenues.
« Mon groupe ne votera pas le prochain budget et il y aura un débat sur notre participation au gouvernement », a-t-il déclaré, soulignant ainsi une volonté d’opposition ferme de la part des députés LR.

Une stratégie politique ciblant Bruno Retailleau
Selon des sources proches de François Bayrou, cette posture agressive de Laurent Wauquiez est avant tout motivée par des enjeux internes au sein du parti Les Républicains. En effet, à l’approche du vote des militants LR prévu les 17 et 18 mai pour élire leur nouveau président, Wauquiez semble vouloir fragiliser son principal rival, Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur et candidat à la présidence du parti.
Un soutien de Retailleau au sein du groupe parlementaire LR dénonce cette manœuvre : « On a tous compris que Wauquiez voulait surtout emmerder Retailleau, en s’attaquant à Bayrou. Comment imaginer que les députés vont voter entre eux le départ de Retailleau et de nos autres ministres ? C’est grossier. »