Table of Contents
La question de la captivité des cétacés et le cadre légal qui la régit restent au cœur des débats en France, quatre ans après l’adoption d’une loi visant à mettre fin à ces pratiques à des fins de divertissement. Planète Sauvage, près de Nantes, continue d’exposer ses dauphins; Beauval prévoit d’y créer un centre d’étude et de sauvegarde pour ces animaux. Les ONG de défense animale interpellent sur la clarté du dispositif et demandent des alternatives, comme un sanctuaire marin. Le dossier mêle enjeux juridiques, bien-être animal et transparence scientifique.
Planète Sauvage et Beauval: transfert dans le cadre de la loi
À Beauval, les animaux seront présentés « dans un environnement naturel avec des vagues et courants marins », assure Rodolphe Delord, le directeur du parc. « Il y aura sept grands bassins dont trois très grands lagons. Il n’y aura pas d’ajout de produit chimique, l’eau sera traitée de façon naturelle », précise-t-il. « C’est un investissement qui garantit le bien-être des animaux et qui permettra que la loi que la République s’est donnée en 2021 puisse être pleinement respectée », a salué lors d’une visite le 6 novembre dernier le ministre de la Transition écologique Mathieu Lefèvre, venu assurer au parc le soutien de l’État.
« Mieux comprendre les animaux », une plateforme de recherche scientifique avec des chercheurs « qui en apprendront plus sur les grands dauphins », sera mise en œuvre au sein du centre de Beauval. Elle s’intéressera à la santé, la physiologie des dauphins ; la prévention des captures accidentelles ou encore la prise en charge d’échouages, selon le parc. « La recherche permet de mieux comprendre les animaux, ce qui aide aussi à mieux les protéger en milieu naturel. En parc zoologique, on a la chance d’avoir les dauphins en permanence, donc on va pouvoir aller étudier des choses plus complexes qu’en milieu naturel où il est plus difficile d’aller observer quotidiennement des animaux », explique Clémentine Amar, chargée de communication chez Planète Sauvage, où sont actuellement menées des recherches sur les dauphins.
Beauval s’est également engagé à mettre en place un comité scientifique de suivi en présence d’ONG et piloté par le ministère de la Transition écologique. Il se réunira annuellement et « garantira la transparence du dispositif et des débats éclairés autour de données scientifiques concernant le bien-être des dauphins présents dans le centre ».
Réactions des associations et implications
Les dauphins resteront toutefois visibles par le public, et la reproduction n’est pas complètement exclue, ce que contestent les associations de défense des animaux. « Les visiteurs pourront se promener autour des immenses bassins et les animaux pourront se soustraire à la vue du bassin. Il n’y aura pas d’amphithéâtre, pas de spectacle à l’américaine. Les visiteurs ne pourront pas aller nager avec les dauphins », promet la direction du parc.
Pour les associations One Voice, C’est Assez ! et Tilikum’s Spirit, la frontière est trop floue. « Derrière un vocabulaire de façade, se cache un nouveau delphinarium », dénoncent-elles, évoquant « un retour en arrière inacceptable ». Elles réclament la création d’un sanctuaire marin, « seule alternative pour le bien-être des dauphins ».
Cadre légal et surveillance indépendante
La loi du 30 novembre 2021 interdit la captivité de cétacés à des fins de divertissement à partir du 1er décembre 2026, mais prévoit des exceptions pour des « programmes de recherches ». Beauval a annoncé la mise en place d’un comité scientifique de suivi en présence d’ONG et piloté par le ministère de la Transition écologique. Il se réunira annuellement et « garantira la transparence du dispositif et des débats éclairés autour de données scientifiques concernant le bien-être des dauphins présents dans le centre ».
