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Le BCE prépare une nouvelle baisse des taux face aux tensions commerciales

par Sara
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Le contexte économique européen est en pleine mutation, contraignant le Banco Central Europeo (BCE) à envisager une nouvelle baisse de ses taux directeurs. Face aux tensions commerciales croissantes, notamment avec les États-Unis, la zone euro pourrait voir sa politique monétaire s’assouplir davantage au cours de l’année 2025.

Des perspectives économiques fragilisées par la guerre commerciale

Il y a à peine un mois, les prévisions de croissance pour la zone euro en 2025 s’étaient éclaircies grâce à l’annonce du gouvernement allemand d’une hausse substantielle des dépenses en défense et en infrastructures. Cependant, cette dynamique positive s’est rapidement estompée en raison de la guerre commerciale initiée par Donald Trump. Cette situation a durci les conditions financières, provoquant une baisse des cours boursiers et un renforcement de l’euro, deux facteurs pesant sur la croissance européenne.

Les risques à la baisse pour l’économie européenne ont augmenté, et les marchés anticipent désormais une détente monétaire. Après la dernière réunion de la politique monétaire du BCE, où une pause avait été suggérée en attendant l’évolution de l’inflation, les acteurs financiers parient aujourd’hui sur des baisses immédiates des taux.

Une baisse des taux imminente selon les experts

Michael Krautzberger, responsable mondial de la gestion obligataire chez Allianz Global Investors, prévoit une réduction des taux d’intérêt de 0,25 point lors de la réunion du 17 avril, ramenant le taux de dépôt à 2,25 %. Cette nouvelle baisse s’inscrit dans la continuité des ajustements entamés l’été précédent.

Le comportement actuel de l’inflation dans la zone euro confirme cette tendance à l’assouplissement. En mars, l’inflation sous-jacente a ralenti à 2,4 % en glissement annuel, sous les prévisions du BCE. De plus, l’inflation des services a reculé à 3,4 %, son niveau le plus bas depuis trois ans. Plusieurs facteurs pourraient encore peser à la baisse sur l’inflation : la volonté de la Chine de stimuler ses exportations vers l’Europe à prix réduits, le repli des prix de l’énergie et l’appréciation de l’euro.

Risques accrus et justifications d’une nouvelle détente monétaire

Au-delà de l’inflation, les incertitudes liées à la politique commerciale exacerbent les risques de ralentissement de la croissance. Dans ce contexte, un abaissement du taux de dépôt sous le seuil dit de « taux d’intérêt neutre », situé autour de 2 %, est envisagé, surtout si les tensions commerciales entre l’UE et les États-Unis s’aggravent.

Selon Krautzberger, la crainte d’une guerre commerciale mondiale a douché l’espoir d’une reprise économique durable pour 2025 dans la zone euro. L’enthousiasme suscité par les mesures de relance allemandes s’est rapidement dissipé, remplacé par la peur d’un choc négatif imminent sur la demande.

Le marché des taux à court terme a rapidement intégré ces risques, anticipant plusieurs baisses de taux dans les prochains mois, avec des niveaux qui devraient s’établir bien en dessous de 2 %.

Une série de baisses attendue en 2025

Des analystes de J.P. Morgan, dont Greg Fuzesi, Raphael Brun-Aguerre et Mariana Monteiro, anticipent jusqu’à quatre réductions successives des taux en 2025, chacune de 0,25 point, menant à un taux directeur de 1,50 % à l’automne. L’incertitude des entreprises et des consommateurs, liée aux différends tarifaires, freine en effet la demande globale, comme le souligne Michael Heise, économiste en chef chez HQ Trust.

Par ailleurs, la baisse des prix du pétrole devrait, selon lui, contribuer à ramener l’inflation vers l’objectif du BCE fixé à 2 %.

Un durcissement des conditions de crédit dans la zone euro

Le Conseil de gouvernance du BCE prend également en compte le resserrement des politiques de crédit bancaire. Au premier trimestre, les banques européennes ont durci leurs critères d’octroi de prêts aux entreprises, d’après une enquête menée auprès de 155 établissements financiers.

Cette sévérité accrue des standards est motivée par la hausse des risques économiques. Frankfurt anticipe une nouvelle intensification de ces mesures restrictives jusqu’à la fin juin. Ces informations, issues de l’Enquête sur les prêts bancaires (BLS) réalisée du 10 au 25 mars, offrent au BCE une précieuse indication sur l’évolution des conditions de financement dans la zone euro.

Les inquiétudes provoquées par la guerre commerciale influencent fortement les attentes de baisse des taux à court terme.

Un contexte fondamentalement changé pour le BCE

Michael Heise résume ainsi la situation : « Les conditions cadres du BCE ont changé fondamentalement depuis le ‘Jour de la Libération’. La rapidité avec laquelle l’inflation approche l’objectif fixé par la banque centrale rend une baisse des taux d’intérêt particulièrement pertinente aujourd’hui. »

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source:https://www.abc.es/economia/bce-respondera-hoy-trump-decision-sobre-tipos-20250417035329-nt.html

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