Accueil ActualitéLe budget 2026 en France : une impasse politique inquiétante

Le budget 2026 en France : une impasse politique inquiétante

par Lea
France

Le projet de loi de finances pour 2026 revient à la commission des finances de l’Assemblée nationale pour une seconde lecture, dans une situation jugée difficile. Le texte, tel qu’adopté au Sénat, est ramené à l’Assemblée ce jeudi 8 janvier 2026 pour examen, et le vote est officiellement prévu le 19 janvier, si les députés peuvent se prononcer. Le contexte reste marqué par la perspective d’un recours au 49-3 pour faire adopter le budget en cas d’impasse.

Après la trêve des confiseurs, les premières consultations politiques officiellement se sont tenues ce mardi. Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, et Roland Lescure, ministre de l’Économie, ont réuni toutes les forces politiques, à l’exception du Rassemblement national et de La France insoumise, qu’ils placent au même niveau. Selon Bercy, les groupes invités sont ceux qui ont exprimé une volonté responsable de sortir la France de l’impasse budgétaire et l’objectif était de trouver un compromis, notamment entre le PS et LR. En revanche, les Verts et le PCF ne se sont pas présentés au rendez‑vous. Une impression d’âpreté du débat persiste malgré une séance d’environ quatre heures, jugée constructive par le ministère. Les Verts et le PCF devraient voter contre, et le Parti socialiste a indiqué qu’au mieux il s’abstiendrait; cela ne suffit pas pour constituer une majorité.

Les écologistes et les communistes ont fait part de leur reproche par voie de communiqué. Ils regrettent l’absence d’un nouveau budget et soulignent que cela restreint fortement la capacité d’amendement du Parlement, alors que les députés vont examiner la version adoptée au Sénat. Les parlementaires estiment que le budget a des impacts sur les services publics: transition écologique délaissée, école fragilisée et autorités locales privées de marges d’action, et la diplomatie et l’aide publique au développement en berne. Pour les écologistes et les communistes, la position de vote est déterminante: être dans l’opposition ou non. Stéphane Peu, président du groupe GDR, a indiqué qu’il ne faut pas créer l’illusion que son groupe abstindrait ou voterait pour ce budget.

Quelles solutions pour Sébastien Lecornu ? À Matignon, les options restent maigres. Le Gouvernement affirme rester pleinement disponible pour échanger avec l’ensemble des groupes et propose de venir en commission pour poursuivre le travail et aider à construire un compromis afin que la France dispose rapidement d’un budget. Roland Lescure souligne la nécessité de mettre fin à la perspective d’un financement par une loi spéciale et d’avancer vers une solution budgétaire durable. Le déficit du budget 2025 était de 5,3 % du PIB; sans compromis, il pourrait atteindre autour de 5,4 % du PIB, voire davantage, et l’utilisation du 49-3 se rapprocherait en coulisses. Son déploiement dépendrait du soutien tacite des socialistes, qui pourraient obtenir des concessions sur le barème d’imposition, la surtaxe sur les sociétés et la taxe sur les holdings, des points encore largement discutés.

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