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En 2025, le Livret A est confronté à une décollecte marquée: les retraits dépassent les dépôts et alimentent les débats sur l’avenir de ce produit d’épargne réglementée. Selon les données publiées par la Caisse des dépôts, la décollecte nette s’établit à 2,12 milliards d’euros pour l’année, dans un contexte de concurrence accrue avec l’assurance-vie et de taux en baisse. La capacité d’épargne des Français demeure élevée, mais l’attrait pour le Livret A a été freiné par des baisses successives de rémunération.
Décollecte nette du Livret A en 2025
Les chiffres publiés par la CDC révèlent que les retraits ont dépassé les dépôts de 2,12 milliards d’euros en 2025, marquant une première depuis 2015 pour ce produit mythique. Cette situation dite de décollecte nette est rare en année pleine et reflète un contexte où le rendement du Livret A a été en baisse et où le LDDS a offert une alternative. Le Livret A est détenu par 57 millions d’épargnants et concentre près de 450 milliards d’euros.
« C’est un retour de balancier qui est tout à fait logique », a déclaré Stéphane Magnan, directeur financier du fonds d’épargne de la CDC, lors d’une conférence de presse en ligne. Son commentaire illustre le basculement entre dépôts et retraits après plusieurs années de fortes collectes.
La baisse du taux de rémunération est au coeur du phénomène: le taux est passé de 3 % à 2,4 % en février, puis de 2,4 % à 1,7 % en août, ce qui a rendu les placements plus attractifs ailleurs. Le taux de rendement des produits concurrents, les fonds euros de l’assurance-vie, était estimé en moyenne à 2,65 % à la même période, avec des prélèvements sociaux et fiscaux pouvant aller jusqu’à 30 %.
Le LDDS s’en est un peu mieux sorti l’an dernier, avec une collecte nette positive de 1,65 milliard d’euros. Fin décembre, les encours des Livrets A et LDDS s’élevaient à 615,2 milliards d’euros et ils ont rapporté 12,64 milliards d’intérêts à leurs titulaires, selon la CDC.
Comparaison avec le LDDS et l’assurance-vie
Le LDDS a connu une dynamique différente, réalisant une collecte nette positive de 1,65 milliard d’euros, tandis que l’assurance-vie est restée la plus dynamique du paysage français, même si son rendement moyen est entaché par la fiscalité. Les données annuelles pour l’assurance-vie seront publiées par France Assureurs; le Magistère Banque-Finance de l’Université Panthéon-Assas table sur une collecte nette autour de 50 milliards d’euros en 2025.
Selon les analyses, la comparaison entre Livret A et LDDS s’inscrit dans un contexte de placements plus risqués proposés par les banques et les compagnies d’assurance, mais aussi d’un secteur financier qui appelle à plus de transparence sur l’utilisation des fonds.
Perspectives et réactions
La prochaine perspective de taux du Livret A – 1,5 % en février – ne devrait pas changer la tendance selon Marc Campi, associé au sein du cabinet Square Management: « La nouvelle basse à venir du taux du Livret A, à 1,5 % en février, ne devrait pas permettre d’inverser la tendance ». Les observateurs notent aussi que les banques ne promeuvent pas fortement les produits d’épargne réglementée, ce qui limite leur visibilité sur les étagères. Le LEP, quant à lui, bénéficie d’un taux avantageux de 2,5 % à partir du 1er février, mais son accès reste réservé aux ménages modestes; les autorités estiment encore des marges de progression pour atteindre les 31 millions d’éligibles.
La Caisse des dépôts appelle à une meilleure transparence sur l’utilisation des fonds du Livret A et du LDDS. Pour les ménages, le LDDS et le LEP restent des options, même si leur croissance est plus mesurée que celle de l’assurance-vie, et la décollecte du Livret A souligne la nécessité d’un cadre durable et lisible pour l’épargne réglementée.
