Le Rec de Veyret, ouvrage de prévention des inondations, est revenu sur le devant de la scène après l’épisode météorologique des 18 et 19 janvier. Malgré l’évacuation temporaire de certains quartiers et des craintes de débordement, aucun débordement majeur n’a été constaté et les habitants ont pu regagner leurs domiciles dès le lundi à midi. Selon Laurent Triadou, directeur du SMDA, « La crainte était liée à des annonces inquiétantes de Météo France. Mais nous avons eu relativement de la chance, puisque les pluies se sont finalement calmées entre 22 heures et 4 heures du matin ce lundi, avant qu’elles ne reprennent à 4 h 30. » Dans l’ensemble, l’épisode a rappelé l’existence du Rec et l’importance du dispositif, avec des niveaux d’eau mesurés et des ajustements sur les ouvrages écrêteurs et le couloir endigué. Avec une hauteur d’eau mesurée à près de 17,5 mètres en fin de matinée, l’ouvrage remplissait son office, avec encore trois mètres de stockage possible. La crue concernait une Q2, soit une probabilité d’une fois sur deux dans l’année, selon les données du SMDA et les relevés matériels. La station Domaine d’Aussières a enregistré des cumuls proches de 208,4 mm en 48 heures.

À Narbonne et Montredon-des-Corbières, un épisode de crue et ses chiffres
Les précipitations ont déclenché une montée des eaux mesurée: le Rec de Veyret a atteint 1,69 m au niveau du couloir endigué, puis 31 cm au-delà du second niveau. L’ouvrage écrêteur, ainsi que le champ d’expansion en rive droite, ont joué leur rôle, et l’eau a fini par retomber à des niveaux sécuritaires. La crue est considérée comme une Q2, soit une probabilité d’une fois sur deux dans l’année, selon les données du SMDA et les relevés matériels. La station Domaine d’Aussières a enregistré des cumuls de 208,4 mm en 48 heures.
Selon les responsables, cet épisode a illustré les mécanismes de prévention et a rappelé l’importance du bassin-versant de 50 km2, dont l’histoire est marquée par des débordements majeurs en 1920, 1965, 1992 et octobre 1994. Le projet prévoit deux nouveaux ouvrages écrêteurs, à Bagatelle (Narbonne) et Montredon-des-Corbières, et des optimisations du Cap de Pla et du couloir endigué dans Narbonne.
Investissement, opposition et perspectives
Le projet s’inscrit dans le 3e programme d’action de prévention des inondations (PAPI 3), à hauteur de 26,4 M€. Cette enveloppe nourrit les objections de Rubresus et du COPAREC, rejoints par Greenpeace Narbonne et le comité audois de la Société de protection de la nature, qui dénoncent un aménagement contesté depuis des années. Le maire de Montredon-des-Corbières avait organisé en octobre 2021 une consultation citoyenne, achevée par 92,4 % de votes défavorables.
Dans les semaines à venir, une garante sera désignée par la commission nationale du débat public pour superviser la concertation préalable relative au projet d’aménagement du bassin-versant du Rec de Veyret sur les communes de Montredon-des-Corbières et de Narbonne. Cette étape pourrait apporter une approche plus nuancée du débat entre efficacité technique et préoccupations locales, alors que l’épisode météorologique a remis le Rec sur le devant de la scène.