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Le retour du bison à Yellowstone revitalise l’écosystème américain

by Sara
États-Unis

La réintroduction des grands mammifères dans l’Ouest américain, et en particulier le retour du bison Yellowstone, redonne vie aux prairies et renforce la biodiversité, selon une étude publiée en Une de la revue Science.

Le retour du bison Yellowstone : effets observés dans le parc

Bison paissant dans le parc de Yellowstone
Un bison américain, appelé aussi buffle, photographié en train de paître dans le Parc national de Yellowstone (ouest) le 9 juillet 2020.

Une étude publiée jeudi en Une de la revue Science (« Return of the Herd », « Le retour du troupeau », ndlr) montre que la réintroduction des bisons sur leurs terres ancestrales favorise la santé des écosystèmes des plaines. Les chercheurs expliquent que, en retrouvant la liberté de mouvement et le comportement de pâturage historiques, ces grands herbivores agissent comme une espèce clé de voûte pour la chaîne alimentaire.

Effets mesurés sur la végétation et le sol

En broutant les herbes, le bison accélère le cycle de l’azote et enrichit les plantes en nutriments. Le fourrage étudié dans certaines parcelles de Yellowstone s’est avéré plus riche de plus de 150 % en protéines, ce qui profite à l’ensemble de la faune herbivore — wapitis, cerfs, antilopes et mouflons d’Amérique.

Les chercheurs ont comparé des parcelles pâturées à celles qui ne le sont pas et constaté que le pâturage itinérant maintient une végétation dense, variée et étonnamment riche en protéines. « Les herbes exsudent du carbone dans le sol après avoir été pâturées et cela stimule les espèces microbiennes pendant 48 heures », déclare Bill Hamilton, co‑auteur de l’étude et professeur à Washington and Lee University (Virginie, est).

Rôle des migrations et des déjections

Les excréments et l’urine des bisons apportent une source supplémentaire d’azote, renforçant l’effet fertilisant observé. Les mouvements saisonniers et quotidiens des troupeaux contribuent à créer une mosaïque d’habitats, favorisant l’hétérogénéité paysagère et biologique.

À Yellowstone, environ 5 000 bisons évoluent libres et parcourent quelque 1 600 kilomètres par an, avec des déplacements migratoires pouvant atteindre environ 80 km par jour, faisant du parc un laboratoire naturel pour étudier ces dynamiques.

Les résultats de l’étude, basée en partie sur le suivi effectué entre 2015 et 2021 par le biologiste des Parcs nationaux Chris Geremia, couvrent les déplacements, les habitudes de pâturage, la croissance des plantes, le cycle des nutriments et la chimie des sols.

Conquête de l’Ouest et quasi‑extinction au XIXe siècle

Il y a environ 200 ans, les troupeaux de bisons étaient si nombreux qu’on estimait leur effectif entre 30 et 60 millions au début du XIXe siècle. La construction d’une ligne de chemin de fer transcontinentale et la colonisation ont entraîné une extermination massive : des chasseurs abattaient les animaux depuis les trains, laissant souvent les carcasses pourrir après avoir pris les peaux.

Cette politique de chasse visait aussi à affamer des tribus d’Amérindiens pour qui le bison était vital, tant économiquement que culturellement. Au début du XXe siècle, l’espèce était quasiment éteinte. Des programmes de réintroduction ont ensuite permis de porter l’effectif nord‑américain à environ 400 000 têtes, mais la plupart sont aujourd’hui réparties en petits troupeaux appartenant à des ranchs privés ou à des réserves.

Yellowstone demeure une exception, abritant des bisons libres qui reproduisent certains comportements historiques. Pour Jerod Merkle, co‑auteur de l’étude à l’Université du Wyoming, le bénéfice écologique de ces populations est clair : les bisons sont « une espèce qui crée de l’hétérogénéité, qui a besoin de grands espaces pour se déplacer », ce qui permet de préserver les dynamiques naturelles.

Les résultats paraissent alors que la protection de la faune et de la flore a été reléguée au second plan par le gouvernement de Donald Trump, qui a déclaré privilégier les intérêts des agriculteurs. Certains éleveurs accusent les bisons en liberté d’être une nuisance, de détruire des clôtures, de se mêler au bétail et de propager des maladies ; ces préoccupations contrastent avec les bénéfices écologiques mis en évidence par l’étude.

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source:https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20250828-le-retour-du-bison-dans-le-far-west-fait-rena%C3%AEtre-l-%C3%A9cosyst%C3%A8me-de-yellowstone

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