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Le Sénat a voté samedi une proposition visant à augmenter la durée annuelle du travail des salariés de 12 heures, une mesure fortement débattue dans un contexte de déficit de la Sécurité sociale et de divisions entre la gauche et le gouvernement. L’amendement, porté par le sénateur centriste Olivier Henno, a été adopté à 199 voix contre 135 dans le cadre de l’examen du budget de la Sécurité sociale pour 2026. Si le texte a été salué par ses partisans comme un moyen de créer de nouvelles richesses, il est considéré comme une provocation et une source de discorde par ses détracteurs et par l’exécutif qui préfère la traiter ultérieurement, notamment dans le cadre d’une conférence sociale prévue le 5 décembre.
Au cœur du débat: ce que prévoit l’amendement et le cadre budgétaire
L’amendement prévoit de porter la durée annuelle de travail de 1 607 heures à 1 619 heures sans toucher aux 35 heures légales. Le calcul évoqué par les partisans est court et symbolique: « Douze heures de travail rémunérées par an, c’est une heure par mois, 15 minutes par semaine », a déclaré Olivier Henno. Les partenaires sociaux seraient ensuite chargés de mettre en place ce dispositif, si tant est que les discussions y aboutissent dans le cadre des négociations sur le budget de la Sécu pour 2026. Le gouvernement a indiqué que ce serait une piste de débat à aborder lors de la conférence sociale Travail et retraites qui s’ouvrira le 5 décembre, et l’on voit difficilement comment la mesure pourrait être adoptée rapidement.

Dans le détail, l’objectif est de faire passer la durée annuelle de 1 607 à 1 619 heures sans modifier le cadre des 35 heures, et de laisser les partenaires sociaux organiser la mise en œuvre. Cette proposition s’inscrit dans un contexte de déficit de la Sécurité sociale et d’un débat social sur la productivité et les conditions de travail qui refont surface.
Réactions et controverses
La gauche a vivement réagi, dénonçant une mesure « arbitraire et injuste ». « Comment pouvez-vous parler d’efforts imperceptibles quand il s’agit de rajouter du temps de travail à des concitoyens qui exercent des métiers pénibles ? », a protesté le socialiste Simon Uzenat, parlant d’« une provocation absolue ». La droite et certains cadres du gouvernement ont répondu différemment: « C’est du lourd », a réagi le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, tout en estimant que la mesure ne pouvait être adoptée dans le cadre du présent budget et en la proposant comme piste de débat pour plus tard, notamment dans le cadre de la conférence sociale Travail et retraites.
Les responsables politiques rappellent que ce n’est pas la première fois que le Sénat propose ce type de mesures: l’an dernier, une journée de solidarité supplémentaire avait été votée pour financer l’autonomie, et des propositions antérieures pour supprimer des jours fériés avaient été évoquées sans prospérer. Dans ce cadre, les débats restent ouverts sur les objectifs budgétaires et les mécanismes de financement, sans que les tenants du texte n’aient encore de consensus clair.
Position du gouvernement et suites prévues
Le gouvernement répète son soutien aux objectifs affichés, tout en distinguant l’opportunité d’un tel passage du cadre budgétaire actuel. « S’il s’est dit solidaire des objectifs de la mesure, il a jugé inopportun de l’adopter dans le cadre de ce budget, renvoyant cette « piste de débat » à plus tard, notamment « dans le cadre de la conférence sociale Travail et retraites » qui s’ouvrira le 5 décembre », indiquent les sources gouvernementales et les déclarations publiées par les ministères concernés. Cette position est aussi celle des années précédentes, qui ont vu le Sénat proposer des mesures similaires sans parvenir à les faire adopter durablement. Les partisans estiment que l’idée pourrait nourrir un redressement financier si elle était accompagnée de réformes et d’accords sociaux, tandis que les opposants évoquent des effets potentiellement négatifs pour les métiers pénibles et les salariés les plus exposés.