Le Washington Post a annoncé le départ immédiat de son directeur général et directeur de la publication, Will Lewis, quelques jours après un vaste plan de suppressions d’emplois qui a ébranlé ce pilier du journalisme américain. Il sera remplacé par Jeff D’Onofrio, actuel directeur financier du quotidien, qui prend les rênes dès maintenant. Le journal précise que ce départ suit deux années de transformation du Post.
Dans un courriel adressé au personnel, Lewis déclare que « après deux années de transformation du Washington Post, c’est le bon moment » pour se retirer. L’annonce met immédiatement en place le remplacement par Jeff D’Onofrio, qui avait rejoint le journal depuis l’année précédente et qui vient des plateformes et de la publicité numériques.
Le Washington Post a lancé une suppression d’environ 300 postes sur 800, selon les informations relayées par les médias, ce qui a suscité un choc au sein du quotidien. Cette initiative intervient dans un contexte où Jeff Bezos, propriétaire et fondateur d’Amazon, a renoué avec Donald Trump, président qui a attaqué la presse traditionnelle une fois revenu au pouvoir.
Le quotidien a subi une hémorragie d’abonnés et a dû faire face à une baisse de revenus publicitaires et d’abonnements; les services étrangers (Moyen-Orient, Russie, Ukraine) et les sections sport, livres et podcast ont été particulièrement touchés.
« C’est l’un des jours les plus sombres de l’histoire » du journal, avait regretté sur Facebook Martin Baron, ancien rédacteur en chef et figure du journalisme américain.
Aux États‑Unis comme ailleurs, les médias historiques peinent face à la baisse des revenus publicitaires et des abonnements, face à la concurrence des réseaux sociaux et des contenus en ligne. Le Washington Post a perdu environ 250 000 abonnés numériques après s’être abstenu de soutenir une candidate démocrate et, selon la presse, des pertes d’environ 90 millions d’euros en 2024 en raison de la chute des recettes publicitaires et des abonnements.
Pourtant, certains quotidiens américains comme le New York Times et le Wall Street Journal auraient réussi à se redresser, ce que le Post, malgré le soutien d’un mécène milliardaire, n’aurait pas encore réussi à faire.
Will Lewis a déclaré: « Sous ma direction, des décisions difficiles ont été prises, pour assurer un avenir durable au Post, pour qu’il puisse pendant de nombreuses années à venir publier des informations de haute qualité non partisanes à des millions de clients chaque jour ». Le journal est ainsi confronté à un contexte de restructuration et de crise qui bouleverse un pilier du journalisme américain.