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Le Premier ministre Sébastien Lecornu poursuit ce lundi ses consultations des formations politiques afin de préparer rapidement une loi budgétaire spéciale destinée à sortir de l’impasse budgétaire et à reconduire provisoirement le budget 2025. Le texte vise à être présenté en urgence et voté d’ici mardi par l’Assemblée nationale et le Sénat, puis à rouvrir les discussions sur le budget 2026. Amélie de Montchalin a souligné que ce budget pourrait être complété par des hausses d’impôt ciblées et des économies, tout en appelant à un compromis. Des voix s’élèvent toutefois pour réclamer que le Premier ministre utilise l’article 49.3 de la Constitution, malgré son engagement initial de ne pas y recourir.

Lecornu poursuit les consultations en vue d’un vote mardi sur une loi budgétaire spéciale
Selon des informations recueillies, le chef du gouvernement mène une série de rencontres avec les chefs des groupes Renaissance et Horizons, Gabriel Attal et Paul Christophe, reçus en présentiel, ainsi qu’avec Marc Fesneau et Christophe Naegelen consultés par téléphone, afin de tenter de sceller un accord sur un texte destiné à reconduire provisoirement le budget 2025 et à préparer le budget 2026. Un conseil des ministres est prévu en fin de journée pour présenter le projet et fixer le cadre des discussions. L’objectif est que le texte soit voté mardi par les deux chambres, même si la suite des discussions demeure nécessaire pour définir les contours du budget 2026. « Pour trouver les conditions d’une solution », a détaillé Amélie de Montchalin dimanche soir sur BFMTV. « Et la deuxième chose qu’on dit à tout le monde, c’est que pour qu’il y ait un budget, il faut qu’il y ait un compromis », a-t-elle ajouté, appelant chacun à « faire un pas ».
La suite des échanges prévoit également des auditions des commissions des Finances de l’Assemblée nationale et du Sénat, lundi soir et mardi, en tête à tête avec le ministre de l’Économie Roland Lescure et Amélie de Montchalin, afin d’éclairer les contours du texte et d’accélérer le processus de vote. A ce stade, les autorités cherchent à obtenir un accord qui permettra de reconduire provisoirement le budget 2025 et d’ouvrir la porte à des discussions sur le budget 2026, tout en souhaitant éviter une crise budgétaire davantage soutenue.
Des positions divergentes sur le recours à l’article 49.3 et le service minimum
Des voix s’élèvent pour réclamer l’usage de l’article 49.3 afin d’imposer un budget malgré l’absence d’accord, tandis que le Premier ministre affirme ne pas vouloir y recourir à la demande du Parti socialiste. Samedi, Bruno Retailleau, patron de LR, a enjoint au Premier ministre de « cesser de tout céder aux socialistes » et de dégainer le 49.3 pour octroyer un budget « responsable au pays », avec « moins d’impôt et de dépenses ». Dans le même temps, Amélie de Montchalin affirme que le futur budget comportera des hausses d’impôts ciblées et des économies, et qu’il faudra cibler, décider et agir ensemble pour les mettre en œuvre.
Le débat est aussi marqué par l’évocation du concept « Service minimum ». Après plusieurs mois de discussions difficiles, certains décrivent ce cadre comme une obligation de parvenir à un budget malgré les difficultés. « Le service minimum », rappelle-t-on dans les échanges, résume l’idée qu’un budget minimal est nécessaire lorsque les compromis manquent. « C’est un service minimum. Un service minimum, c’est quand il y a grève. Moi, je ne veux pas qu’on fasse grève du compromis », a martelé la ministre des Comptes publics.
Enjeux pour 2026 et échéances à venir
Après deux mois de discussions qui n’ont pas abouti, le doute subsiste sur la capacité du Premier ministre à obtenir ce compromis entre une droite sénatoriale attachée aux économies et une Assemblée où la gauche réclame plus de recettes et moins de coupes budgétaires. Des voix s’élèvent de plus en plus fort pour réclamer que le Premier ministre utilise l’article 49.3 de la Constitution, alors que Sébastien Lecornu s’est engagé à ne pas y recourir, à la demande du Parti socialiste. Samedi, Bruno Retailleau a ainsi exhorté le gouvernement à faire rapidement un choix et à dégainer le 49.3 si nécessaire pour garantir un budget « responsable au pays ».
Au-delà du calendrier immédiat, l’enjeu est clair: adopter rapidement une véritable loi de finances 2026 avant fin janvier et rouvrir les discussions sur les mesures fiscales et les économies à réaliser. Le président Emmanuel Macron était en déplacement à Abou Dhabi lorsque ces échanges se poursuivaient, ce qui a conduit les commissions des Finances à programmer des auditions des ministres concernés afin de préparer le vote prévu mardi et d’imaginer les suites budgétaires. Le dossier demeure donc complexe, mais il est présenté comme une étape majeure dans la gestion budgétaire française pour 2026 et au-delà.