Accueil ActualitéL’engouement croissant pour le football aux États-Unis en préparation de la Coupe du Monde 2026

L’engouement croissant pour le football aux États-Unis en préparation de la Coupe du Monde 2026

par Lea
France

Alors que la Coupe du Monde 2026 sera partiellement organisée sur le territoire américain, le football, que les Américains appellent le soccer, est en plein essor. Cet événement est annoncé comme le premier temps fort du Mondial, et le tirage au sort, prévu le vendredi 5 décembre à partir de 18 heures, heure française, à Washington, pourrait attirer l’attention des spectateurs américains, avec la présence de l’ancien président Donald Trump en invité vedette. Si le football américain, le basket et le baseball restent les sports phares, un nombre croissant d’Américains se mettent désormais au soccer.

Des terrains au pied du métro

Sur un terrain de football situé au pied d’une station de métro aérien, Sincere, 20 ans, arrive en tête et s’interroge sur son matériel. « Mes nouveaux crampons sont-ils adaptés ? », demande-t-il. Ses chaussures semblent convenir. « Je suis tombé amoureux du foot très récemment, au lycée », explique-t-il. « Ici, tout le monde privilégie soit le basket, soit le base-ball, soit le football américain. Ce sont vraiment les sports les plus populaires aux États‑Unis. Mais moi, j’aime me démarquer. Et puis, je n’ai jamais vraiment accroché aux sports américains. »

Terrain de football près d’une station de métro avec des joueurs
Le club de « Sons of Pitches » a été créé il y a onze ans et ne comptait que quelques dizaines de joueurs à l’origine. Ils sont 5 000 actifs en 2025.

Le jeune originaire d’Atlanta suit désormais le FC Barcelone de près. Lorsque l’on lui demande pour quel pays il soutiendra la Coupe du Monde, il répond : « Mbappé, il joue pour quel pays déjà ? ». On lui rappelle que c’est pour la France; « alors je soutiendrai la France », insiste-t-il, « Mbappé fait vraiment partie de ces athlètes hors du commun que j’admire ». On constate que l’engouement demeure encore frais mais gagne progressivement en visibilité. « Vouez-vous–même, même par zéro degré dehors, ils sont une trentaine à être venus, donc j’imagine que tout le monde a envie de jouer au foot, sinon ils ne seraient pas là à grelotter », remarque Marcel, l’organisateur de ce match amical.

Le terrain, construit il y a deux ans, est coincé contre le métro afin de le rendre ultra accessible. La formule « soccer in the streets » signifie « du foot dans les rues ». Le tarif est d’environ 8,50 € pour deux heures de jeu, une participation au financement du programme qui offre ensuite des cours aux plus jeunes. Sur le terrain, Ryan, l’un des plus agiles, affirme qu’il a « pas mal de ses copains qui se mettent au football dans la perspective de 2026 parce qu’ils veulent en être ». Ryan est originaire d’Inde et vit ici depuis dix ans.

En dix ans, le jour et la nuit

Autre soirée, sur un grand terrain multisport, cette fois avec une vue sur les gratte-ciel d’Atlanta. Une cinquantaine de filles s’entraînent et l’on ne compte pas que des débutantes. Bella, 28 ans, a commencé le foot à l’âge de 3 ans et a vécu l’évolution de la pratique. Enfant, elle voyait les stades vides lors des matches; « personne ne venait ! », se souvient-elle. Aujourd’hui : « C’est le jour et la nuit ! »

Le sport était longtemps considéré comme marginal, mais il est devenu central pour de nombreux jeunes. Chris Wedge est l’un des fondateurs du principal club d’Atlanta, « Sons of Pitches » (enfants des terrains). « Au début, il y a onze ans, on était que quelques dizaines », rappelle-t-il, « aujourd’hui, entre les matches amicaux et la ligue, on compte 5 000 joueurs actifs ». Brigite, née dans l’Indiana, est devenue capitaine d’une équipe locale. « Je crois que l’essor du football ici tient notamment à la présence de Messi dans le championnat américain, puis à la force du soccer féminin », analyse-t-elle.

Brigitte avait suivi de près la Coupe du Monde féminine en 2023, se levant à des heures tardives pour ne rien manquer des matches en Australie et en Nouvelle‑Zélande. Elle espère pouvoir se rendre au stade pour cette édition, même si le coût des billets l’inquiète. Chris se réjouit de voir la planète entière venir ici dans les mois à venir. « Cela va nous sortir de notre zone de confort. On va rencontrer des personnes de cultures différentes et partager notre passion », conclut-il avec le sourire, ajoutant : « s’ouvrir aux autres, c’est ce dont les États‑Unis ont besoin en ce moment. »

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