Aller au contenu

Lundi 5 octobre 2026 Mis à jour à 19 h 09

Lire sans pub
Les écoles islamiques au Canada: essor et raisons derrière la hausse

Les écoles islamiques au Canada: essor et raisons derrière la hausse

Par Sara 3 min de lecture 1 source Canada

Garder Discussion

Au Canada, les écoles islamiques connaissent une croissance rapide, portée à la fois par l’augmentation de la demande des familles musulmanes et par un sentiment d’appartenance renforcé dans un contexte jugé parfois plus difficile. À Edmonton, Ibrahim Abou Ghosh, directeur de l’Académie islamique d’Edmonton, résume cet état d’esprit d’une formule forte : « Nous sommes tous prêts à combattre et à mourir pour le Canada ». Une déclaration qui, selon The Economist, illustre la volonté d’intégration d’une partie de la communauté musulmane canadienne.

L’Académie islamique d’Edmonton, présentée comme la plus grande de son genre en Amérique du Nord, est devenue une référence pour de nombreuses écoles privées musulmanes à travers le pays. Fondée en 1987, elle accueille aujourd’hui 1 400 élèves et sa salle centrale a été conçue pour servir à la fois d’espace scolaire et de mosquée. Le site est désormais au cœur d’un vaste projet d’agrandissement évalué à environ 60 millions de dollars américains, destiné à absorber une liste d’attente qui dépasse les 1 500 élèves.

Selon les données de l’Association des écoles islamiques au Canada, l’essor de ces établissements est bien réel, même si la majorité des élèves musulmans continuent de fréquenter l’école publique. Les inscriptions dans les écoles islamiques privées progressent régulièrement, signe d’un intérêt plus marqué des parents pour un encadrement qui combine enseignement académique et valeurs religieuses.

Une expansion portée par la demande des familles

Le phénomène ne se limite pas à Edmonton. D’après The Economist, de nouvelles écoles islamiques ouvrent à un rythme soutenu dans plusieurs provinces canadiennes. À Edmonton également, le Centre Omar ibn Al-Khattab, une mosquée située dans le sud de la ville, prévoit de construire sa propre école islamique privée sur un terrain de 40 acres.

Cette dynamique répond à plusieurs attentes. Pour de nombreuses familles, ces établissements offrent un cadre éducatif plus proche de leurs convictions, tout en restant inscrits dans le système scolaire canadien. Les écoles privées religieuses doivent en effet respecter le programme défini par la province concernée, notamment dans les matières fondamentales comme les mathématiques, les sciences et les sciences sociales.

Les directions d’école doivent donc trouver un équilibre entre conformité académique et identité religieuse. Ibrahim Abou Ghosh explique que cela impose souvent une certaine créativité pour intégrer les enseignements islamiques sans s’écarter des exigences scolaires provinciales.

Entre programme provincial et enseignement religieux

Dans plusieurs établissements, les notions religieuses sont intégrées aux cours ordinaires de manière discrète mais assumée. À la School of Islamic Education, près de Toronto, l’étude du cycle de l’eau en sciences peut ainsi donner lieu à des discussions sur l’eau comme bénédiction divine. En mathématiques, les enseignants mettent souvent en avant les contributions des savants musulmans à l’histoire de la discipline.

Les cours d’études sociales, eux, servent parfois à établir des parallèles entre l’expérience des peuples autochtones au Canada et celle que vivent aujourd’hui certains musulmans. Cette approche vise à relier les réalités canadiennes aux références culturelles et historiques des élèves, afin de renforcer leur sentiment de cohérence identitaire.

Par ailleurs, de nombreuses écoles islamiques prolongent la journée de classe pour permettre l’apprentissage de la récitation du Coran. Ces séances sont souvent obligatoires, et dans certains établissements, les élèves doivent mémoriser au moins une sourate par an, avec l’encouragement d’en apprendre davantage.

L’islamophobie, un facteur de plus en plus cité

Si l’attrait pour ces écoles s’explique par des raisons éducatives et religieuses, la montée des préoccupations liées à l’islamophobie joue aussi un rôle. Le Canada a enregistré ces dernières années une hausse des crimes haineux visant des musulmans, ce qui nourrit chez certaines familles un besoin accru d’un environnement scolaire perçu comme plus protecteur.

Cette évolution donne aux écoles islamiques une fonction qui dépasse le simple enseignement. Elles deviennent, pour une partie des parents, des lieux de sécurité, de transmission et d’affirmation culturelle. Elles participent aussi à l’intégration d’une génération d’élèves qui grandit entre l’identité musulmane et la citoyenneté canadienne.

Toutes les familles n’ont toutefois pas les mêmes attentes. À Edmonton, Ibrahim Abou Ghosh dit avoir résisté aux demandes de classes séparées pour les garçons et les filles. Dans d’autres écoles, les parents peuvent décider si leurs filles portent le hijab ou non, tandis que certains établissements imposent cette tenue à leurs élèves.

La source

  1. 1aljazeera.netaljazeera.net

Une source manque ou se trompe ? Signalez-le à la rédaction.

Cet article vous a-t-il aidé à comprendre ?

Connectez-vous pour donner votre avis : il aide la rédaction à savoir ce qui reste à expliquer.

Abonnement One Media

Lisez One Media sans publicité

Formule

Aucune publicité sur votre compte, votre carte de lecteur numérotée à votre nom, résiliable à tout moment.

Toutes les formules, dont l’annuel avec 2 mois offerts

Discussion

Soyez le premier à réagir. Un compte gratuit suffit ; le premier message est relu avant publication.

Se connecter Créer un compte

À lire ensuite

Tout le fil

Explorer

Chargement des rubriques…

Votre compte

Créez un compte gratuit pour garder des articles, suivre des rubriques, retrouver votre historique et participer aux débats.

Se connecter Créer un compte