Les États-Unis ont annoncé, via le Commandement militaire du Sud sur X, avoir mené lundi 9 février une nouvelle frappe dans le Pacifique contre un bateau soupçonné de trafic de drogue, faisant deux morts. Depuis septembre 2025 et le début des opérations visant ces embarcations, au moins 130 personnes ont été tuées et 38 navires détruits.

Il s’agit de la troisième frappe de ce type connue depuis le début de l’année, après celles du 23 janvier et du 5 février. Une troisième personne touchée par la frappe de lundi a survécu, et les gardes-côtes américains ont été mobilisés pour porter secours.
Alors que l’administration américaine affirme viser officiellement des cartels alimentant le trafic de drogue vers les États-Unis, la question de la légalité de cette campagne divise les milieux politiques. Des responsables de l’Organisation des Nations unies ont également dénoncé des exécutions extrajudiciaires.
« Narcoterrorisme »
Pour les experts, toutefois, ces frappes n’ont qu’un effet limité. Dans le meilleur des cas, elles interrompent temporairement le flux de drogues à travers un corridor spécifique, explique Phil Gunson, consultant sur l’Amérique latine. « Arrêter les suspects et les interroger pour mieux comprendre les organisations impliquées serait plus efficace. »
C’est aussi au nom de la lutte contre les cartels que les forces américaines ont mené d’autres opérations récentes, notamment l’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse à Caracas le 3 janvier. Ils sont accusés par la justice américaine de narcoterrorisme et d’importation de tonnes de cocaïne. Le couple a été transporté sur le sol américain et incarcéré. Tous deux ont plaidé non coupable devant un tribunal de New York et doivent comparaître le 17 mars.