Accueil ActualitéLes interventions américaines en Amérique latine : un passé contesté

Les interventions américaines en Amérique latine : un passé contesté

par Marie
États-Unis et Amérique latine

Les interventions militaires des États-Unis en Amérique latine marquent une présence durable dans l’histoire politique de la région, oscillant entre soutien à des régimes et actions militaires directes. Des années 1950 à la fin des années 1980, ces épisodes forment un chapitre fréquemment évoqué dans les analyses géopolitiques, et des accusations persistent entourant des événements plus récents. Plusieurs sources documentent des interventions et leurs répercussions sur les démocraties locales.

n

Contexte historique et dates clés

n

Le Guatemala, 1954: le 27 juin 1954, le colonel Jacobo Arbenz Guzman est chassé du pouvoir par des mercenaires entraînés et financés par Washington, après une réforme agraire menaçant les intérêts de United Fruit Corporation. Les États-Unis ont inclus, en 2003, dans leur histoire officielle le rôle de la CIA dans ce coup d’État, au nom de la lutte contre le communisme.

n

À Cuba, en 1961, du 15 au 19 avril, 1 400 anticastristes entraînés et financés par la CIA tentent de débarquer sur la Baie des Cochons, sans renverser le régime de Fidel Castro; les combats font une centaine de morts de chaque camp.

n

En 1965, au nom du «danger communiste», les États-Unis envoient des marines et des parachutistes à Saint-Domingue pour étouffer un soulèvement en faveur de Juan Bosch, président de gauche renversé par des généraux en 1963.

n

Dans les années 1970, Washington soutient plusieurs dictatures militaires d’Amérique du Sud considérées comme un rempart face à des mouvements armés de gauche. Ils ont activement aidé le dictateur chilien Augusto Pinochet lors du coup d’État du 11 septembre 1973 contre Salvador Allende. Le secrétaire d’État américain Henry Kissinger a soutenu la junte argentine en 1976, l’encourageant à terminer rapidement sa «sale guerre», selon des documents américains déclassifiés en 2003. Dans les années 1970-1980, six dictatures (Argentine, Chili, Uruguay, Paraguay, Bolivie et Brésil) se sont alliées pour éliminer des opposants de gauche dans le cadre du «Plan Condor», avec un soutien tacite américain.

n

Les années 1980 voient les guerres civiles en Amérique centrale: en 1979, la rébellion sandiniste renverse le dictateur Anastasio Somoza; le président Ronald Reagan autorise secrètement la CIA à apporter une aide de 20 millions de dollars aux Contras, financée partiellement par la vente illégale d’armes à l’Iran. La guerre civile nicaraguayenne, terminée en avril 1990, fait 50 000 morts. Reagan a également envoyé des conseillers militaires au Salvador pour étouffer la rébellion du FMLN (1980-1992), qui a fait 72 000 morts. Le 25 octobre 1983, des marines et des rangers interviennent sur l’île de Grenade; Reagan lance l’opération «Urgent Fury» pour protéger un millier de citoyens américains; l’opération est présentée comme «réussie» par certains, mais largement déplorée par l’Assemblée générale de l’ONU. En 1989, Panama voit l’intervention militaire après une élection contestée: quelque 27 000 GI participent à l’opération «Juste Cause», qui a officiellement fait 500 morts, mais des ONG évoquent des chiffres supérieurs. C’est au Panama qu’avait été fondée en 1946 l’École des Amériques, centre de formation militaire contrôlé par les États-Unis, où ont été formés nombre de dictateurs.

n

nCarte ou illustration des interventions américaines en Amérique latinen
Interventions militaires américaines marquant la période 1954-1989.
n

n

Épisodes marquants et noms d’opération

n

Au-delà des dates, les noms d’opération illustrent les mécanismes: l’intervention en Grenade en 1983 est baptisée opération «Urgent Fury», et l’intervention au Panama en 1989 est associée à «Juste Cause». Le récit rappelle aussi le rôle du Centre de formation américain, l’École des Amériques, fondée à Panama en 1946. Le Nicaragua et le Salvador apparaissent comme des exemples où la CIA et les forces locales ont été mobilisées dans le cadre de la lutte contre la progression du communisme à l’échelle régionale. Le coût humain et les chiffres des morts alimentent les débats entre chercheurs et ONG, même lorsque des documents déclassifiés éclairent les choix stratégiques.

n

Les documents historiques, notamment ceux déclassifiés en 2003, détaillent le rôle de la CIA et le soutien à divers régimes. L’étude des chiffres rappelle l’ampleur des conflits dans plusieurs pays, y compris le Nicaragua et le Panama, et nourrit une mémoire critique des interventions au sein de la région.

n

Répercussions et regard international

n

Sur le plan international, l’ONU a largement déploré certaines actions et les répercussions humaines ont nourri des débats sur les droits humains et la souveraineté. L’histoire contemporaine montre comment ces années façonnent les alignements régionaux et les perceptions de l’ingérence extérieure, tout en alimentant des analyses qui croisent documents et témoignages.

n

Des articles récents évoquent une «attaque de grande envergure» contre le Venezuela, illustrant, selon les textes consultés, une continuité de la présence et de l’influence américaine dans la région. Face à ces affirmations, les analyses insistent sur la nécessité d’interpréter les faits avec nuance et de s’appuyer sur des sources vérifiables, sans nier les épisodes documentés ni les débats autour des implications géopolitiques.

Source: https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/coups-d-etat-guerres-civiles-dictatures-la-longue-histoire-des-interventions-des-etats-unis-en-amerique-latine-1767450717

Cela pourrait vous intéresser

Laisser un commentaire