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LFI et ArcelorMittal : nationalisation à l’Assemblée

par charles
France

La proposition de loi déposée par La France insoumise pour nationaliser les activités françaises d’ArcelorMittal est examinée ce jeudi à l’Assemblée, au cœur d’une mobilisation qui mêle salariés et politique. À l’appel de la CGT, environ 400 salariés des sites du Nord et de Moselle s’installent sur l’esplanade des Invalides et certains prendront place dans les tribunes pour soutenir le texte, dans une journée consacrée à l’examen des textes parlementaires. LFI présente la nationalisation comme l’unique solution pour sauver la filière et ses 15 000 emplois directs, afin de contrer le plan social annoncé en avril et de relancer la décarbonation des hauts-fourneaux, faute de quoi l’acier français deviendrait non rentable dès 2030.

Manifestants métallurgistes devant l’Assemblée lors d’un rassemblement
Manifestants métallurgistes devant l’Assemblée lors d’un rassemblement en soutien au texte de LFI.

À l’Assemblée, LFI défend la nationalisation d’ArcelorMittal

Le texte est présenté comme l’une des réponses à des difficultés structurelles de la sidérurgie française. Le groupe de gauche affirme que la nationalisation sauverait la filière et ses 15 000 emplois directs, et se tourne vers l’objectif: contrer le plan social annoncé en avril et relancer la décarbonation des hauts-fourneaux, faute de quoi l’acier français deviendrait non rentable dès 2030, avertit Aurélie Trouvé, qui portera le texte.

La formation voit dans la nationalisation « l’unique solution » pour préserver l’industrie et ses emplois, et elle espère faire basculer le vote lors de la session parlementaire du jour. Chiffrée à trois milliards d’euros, la proposition rencontre toutefois une opposition virulente du gouvernement et des arguments sur la compétitivité et les protections douanières.

« Ce n’est pas parce que l’État va faire un chèque de 3 milliards (…) que l’on va changer la compétitivité », a affirmé le ministre de l’Économie Roland Lescure mercredi, ajoutant qu’il faut d’abord « se protéger contre les invasions de produits, en l’occurrence venant de Chine », et précisant avoir obtenu de la Commission européenne une enquête sur ce « dumping » et la hausse des droits de douane.

Des obstacles et enjeux du vote

Rien n’assure un vote ce jeudi. En cause notamment, l’obstruction assumée du groupe de Marine Le Pen et de ses alliés ciottistes, en représailles aux blocages de LFI sur leurs textes ces derniers mois. Avec quelque 285 amendements déposés, dont 89 % par les seuls groupes RN et UDR, les débats pourraient s’éterniser et un vote avant minuit (heure limite d’examen des textes comme lors de toute « niche » parlementaire) paraît très improbable. Sauf dans le cas d’un retrait massif d’amendements, comme l’a sous-entendu le député RN Jean-Philippe Tanguy. « Le RN permettra un vote sur Arcelor mais aura donné une bonne leçon à LFI qui se croit tout permis », a-t-il écrit sur X.

La mobilisation dehors devrait jouer. « Ça va être spectaculaire, on va montrer ce que c’est les métallos », promet Gaëtan Lecocq, délégué CGT à Dunkerque. « Le député qui va voter contre notre projet ou qui va essayer de le bloquer, il va devoir rendre des comptes, on va l’afficher », prévient-il. Plusieurs députés RN sont élus dans des circonscriptions où se trouvent les sites industriels menacés.

Le groupe d’extrême droite, qui capte une part importante du vote ouvrier, n’est pas favorable à une nationalisation et plaide pour une « golden share », un droit de veto de l’État sur les décisions stratégiques sans gestion directe. Une proposition « stupide », tranche Aurélie Trouvé, qui estime qu’elle ne relancerait pas les investissements nécessaires à la transition écologique et donc à la survie de la filière. Même en cas d’adoption, le texte aurait peu de chances d’aboutir sans le soutien gouvernemental.

À suivre: deux autres textes LFI et échéances européennes

Avant ArcelorMittal, les députés examineront deux autres textes LFI qui devraient faire consensus: une résolution pour s’opposer à l’accord UE-Mercosur, avant des votes européens clés début décembre et une proposition pour garantir l’égalité d’accès au service postal en Outre-mer.

Manifestants dans les alentours de l’Assemblée et du site sidérurgique
Photo AFP associée à l’actualité ArcelorMittal.

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