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Le gouvernement libanais a annoncé lundi que l’armée aura besoin d’au moins quatre mois pour achever la deuxième phase du désarmement du Hezbollah dans le sud du pays, a déclaré le ministre de l’Information Paul Morcos. Cette échéance intervient alors que Beyrouth subit une pression croissante de la part des États-Unis et d’Israël, et que les frappes israéliennes se poursuivent presque quotidiennement le long de la frontière sud.
Calendrier et périmètre de l’opération
Le calendrier présenté par l’état-major précise une durée initiale de quatre mois, un délai toutefois susceptible d’être prolongé en fonction des capacités militaires disponibles et des obstacles rencontrés sur le terrain. Paul Morcos a déclaré que le gouvernement « a pris acte » de la présentation de l’état-major concernant cette deuxième étape.
La première phase, annoncée comme achevée le mois dernier, couvrait la zone située entre le fleuve Litani et la frontière sud avec Israël. La deuxième phase vise la bande de territoire comprise entre les rivières Litani et Awali, à environ 40 km au sud de Beyrouth.
- Durée initiale prévue : quatre mois.
- Facteurs pouvant prolonger l’opération : capacités disponibles, attaques israéliennes, entraves sur le terrain.
Rejet de la démarche par le Hezbollah
Le Hezbollah a rejeté les tentatives de désarmement qu’il qualifie de plan américano-israélien et refuse de remettre ses armes au nord du Litani, estimant que l’accord de cessez-le-feu ne s’applique que « exclusivement au sud » du cours d’eau. Le chef du mouvement, Naim Qassem, a condamné la focalisation du gouvernement sur le désarmement, la qualifiant d’« acte grave » au service, selon lui, de l’agression israélienne.
Dans une allocution télévisée, Qassem a appelé à l’arrêt des mesures visant à restreindre les armes et a imputé aux concessions successives du gouvernement une part de responsabilité dans la poursuite des attaques israéliennes.
Nouvelle flambée de violences
Les déclarations de Qassem ont coïncidé avec de nouveaux raids israéliens dans le sud du Liban. L’armée israélienne a frappé un bus dans la localité de Hanin et une voiture à Talloussah, faisant au moins deux morts selon les bilans initiaux.
Les forces israéliennes ont confirmé l’attaque sur Talloussah, indiquant qu’elles visaient un combattant du Hezbollah qu’elles accusent de tenter de reconstruire l’infrastructure du groupe dans le sud libanais.
Pressions internationales et bilan humain
Outre les frappes récurrentes, Israël critique le rythme des opérations de l’armée libanaise, le jugeant insuffisant. L’État hébreu occupe par ailleurs cinq secteurs sur le territoire libanais, entravant la reconstruction des villages frontaliers détruits et empêchant le retour de dizaines de milliers de personnes déplacées.
Selon les autorités libanaises, plus de 370 personnes ont été tuées par les forces israéliennes depuis le cessez-le-feu. De son côté, l’ONU a fait état de plus de 10 000 attaques aériennes et terrestres menées par Israël dans l’année qui a suivi l’accord de suspension des hostilités.
Le Liban a adressé le mois dernier une plainte au Conseil de sécurité des Nations unies, dénonçant les violations répétées de sa souveraineté et demandant que les pressions s’accentuent pour obtenir le retrait complet des forces israéliennes. La plainte relève notamment au moins 2 036 violations de souveraineté au cours des trois derniers mois de 2025.
Alors que l’armée libanaise se prépare à lancer la deuxième phase du plan, la réussite et le calendrier de cette opération resteront étroitement liés à l’évolution des frappes et aux conditions sécuritaires sur le terrain.