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Libération de prisonniers politiques au Venezuela : un pas vers la démocratie

par Lea
France

Le 8 janvier, le gouvernement intérimaire vénézuélien a promis, sous la pression des États-Unis, un processus de libération d’un « nombre significatif » de prisonniers. Depuis, des familles et des ONG dénoncent que les libérations se font au compte-gouttes. Mardi, le Parlement vénézuélien doit entériner une loi d’amnistie générale proposée par la présidente par intérim Delcy Rodríguez.

Dimanche, des figures de l’opposition — Juan Pablo Guanipa, Freddy Superlano — et un proche de María Corina Machado ont été libérés, à la veille du vote historique annoncé. Depuis l’Espagne, Edmundo González Urrutia, qui se réclame vainqueur de l’élection de 2024, a appelé à la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, dans un message publié sur X.

Arrêté en mai 2025, Juan Pablo Guanipa a publié une vidéo qui semble montrer son ordre de libération : « Caché pendant dix mois… détenu ici pendant presque neuf mois », a-t-il commenté. « Nous sortons, libres, après un an et demi », a ajouté l’ancien vice-président du Parlement, âgé de 61 ans, notant qu’il y a « beaucoup à dire sur le présent et l’avenir du Venezuela, toujours avec la vérité au premier plan ».

Freddy Superlano, un dirigeant de l’opposition vénézuélienne connu pour avoir remporté le poste de gouverneur de l’État de Barinas, et Perkins Rocha, conseiller juridique de María Corina Machado, ont également été relâchés par les autorités. « L’accolade à la maison a eu lieu ! Nous avons déjà parlé à nos enfants », a commenté sur X l’épouse de Perkins Rocha, Maria Constanza Cipriani, déplorant toutefois que son retour chez lui soit assorti de « strictes mesures de précaution » qu’elle n’a pas précisées.

Freddy Superlano (49 ans) et Perkins Rocha (63 ans) avaient été arrêtés il y a un an et demi, après la réélection contestée de Nicolás Maduro le 28 juillet 2024. « Très bientôt, nous nous retrouverons et nous nous embrasserons dans un Venezuela libre, et nous remercierons ces héros pour tout ce qu’ils ont donné afin de faire du Venezuela le pays que nous méritons. Que Dieu nous bénisse », a salué María Corina Machado dans un message audio publié sur X.

Le 8 janvier, le gouvernement intérimaire vénézuélien a promis, sous la pression des États-Unis, un processus de libération d’un « nombre significatif » de prisonniers. Depuis, des familles et des ONG dénoncent le fait que cela se fasse au compte-gouttes. Mardi, le Parlement vénézuélien doit entériner une loi d’amnistie générale proposée par la présidente par intérim Delcy Rodríguez, qui occupe ses fonctions depuis la capture de Nicolás Maduro par des militaires américains le 3 janvier.

« Des centaines de Vénézuéliens sont encore injustement emprisonnés. Nous exigeons la libération immédiate, totale et inconditionnelle de TOUS les prisonniers politiques », a lancé dimanche Ramon Guanipa après avoir annoncé sur X la libération de son père. Sa dernière apparition publique remontait au 9 janvier 2025, lors d’un rassemblement avec María Corina Machado. Il avait été arrêté en mai 2025 pour des accusations de complot électoral et avait ensuite été poursuivi pour terrorisme, blanchiment d’argent et incitation à la violence et à la haine.

Edmundo González Urrutia, s’il s’est « réjoui » de la remise en liberté de Guanipa, a estimé sur X que ces libérations n’étaient pas synonymes de liberté pleine et entière. Tant que des procédures judiciaires restent ouvertes et que demeurent des mesures restrictives, des menaces ou une surveillance, la persécution continue, a-t-il insisté.

María Corina Machado a aussi salué la libération de Guanipa. « Mon cher Juan Pablo, j’ai tellement hâte de te serrer dans mes bras ! Tu es un héros et l’histoire le reconnaîtra à jamais. Liberté pour tous les prisonniers politiques ! », a-t-elle écrit sur X.

L’ONG Foro Penal a recensé au moins 35 nouvelles libérations ce dimanche. Selon elle, près de 400 personnes détenues pour des raisons politiques ont été remises en liberté depuis le 8 janvier.

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