En 2025, le Livret A a connu une décollecte nette selon la CDC: les retraits ont dépassé les dépôts de 2,12 milliards d’euros selon les données publiées ce jeudi par la Caisse des dépôts (CDC). Cette tendance, rare sur une année complète, intervient alors que 57 millions d’épargnants détiennent ce livret et que l’encours total approche les 450 milliards d’euros. Le contexte est marqué par une baisse des taux de rémunération et une concurrence accrue des placements plus rémunérateurs, notamment l’assurance vie. Malgré ce mouvement, la capacité d’épargne des Français reste élevée, selon l’Insee, avec près d’un euro gagné sur cinq mis de côté. « C’est un retour de balancier qui est tout à fait logique », a déclaré Stéphane Magnan, directeur financier du fonds d’épargne de la CDC.
En 2025, décollecte nette sur le Livret A: chiffres et contexte
Les retraits ont dépassé les dépôts de 2,12 milliards d’euros en 2025, marquant un retour pour le Livret A, détenu par 57 millions de Français et totalisant environ 450 milliards d’euros d’encours. Le Livret A fait face à une concurrence accrue des fonds euros de l’assurance vie, qui offrent en moyenne autour de 2,65% avant prélèvements et fiscalité. L’écart entre dépôts et retraits reflète des choix d’épargnants influencés par l’incertitude économique et la perspective de placements plus liquides ou plus rémunérateurs.

Le LDDS a enregistré une collecte nette positive de 1,65 milliard d’euros en 2025, tandis que le LEP a connu une décollecte nette de 840 millions d’euros, en partie en raison de la radiation de titulaires qui n’en sont plus éligibles après une augmentation des revenus. Fin décembre, Livret A et LDDS totalisaient 615,2 milliards d’euros d’encours et ont rapporté 12,64 milliards d’euros d’intérêts à leurs possesseurs, selon la CDC. L’épargne des Français reste solide, avec un taux d’épargne estimé par l’Insee autour d’un peu moins d’un euro sur cinq du revenu disponible.
Le taux de rémunération du Livret A a connu deux baisses en 2025, passant de 3% à 2,4% au 1er février, puis de 2,4% à 1,7% au 1er août. Cette trajectoire doit être suivie d’une nouvelle réduction à 1,5% à partir du 1er février 2026, selon les prévisions officielles; le LDDS devrait suivre la même évolution et le LEP, plus favorable, est aussi touché par une révision: il passera de 2,7% à 2,5%.
« C’est une mauvaise nouvelle pour les épargnants et une bonne nouvelle pour les bailleurs sociaux qui pourront emprunter à un taux plus faible pour construire ou entretenir leur parc social. C’est aussi une bonne nouvelle les banques dont le coût de la ressource diminuera », a déclaré Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l’Épargne.
En somme, si le Livret A perd de son attractivité, les livrets comme le LDDS restent légèrement plus performants et l’épargne des ménages demeure soutenue par une capacité de mise de côté encore élevée malgré des taux en recul.