Les abattages dans la zone infestée s’accélèrent et la détection des arbres morts et dépérissants dans la zone tampon s’intensifie, avec des renforts à la fois aériens et terrestres. L’État avancera les frais d’abattage pour les jardins de particuliers concernés. Ce mercredi, se tenait la troisième réunion des acteurs forestiers et des services de l’État à la préfecture de région, depuis la détection, le 3 novembre dernier, du petit ver dévastateur des forêts, le nematode du pin, à Seignosse dans les Landes. Objectif : faire un point sur la stratégie de lutte et d’éradication mise en place.
Dès l’identification de l’organisme nuisible, le préfet de région, Étienne Guyot, avait publié des arrêtés fixant une zone réglementée composée d’une zone infestée de 500 mètres autour du foyer et d’une zone tampon de 20 kilomètres. Dans la zone infestée (61 hectares), l’abattage visait tous les arbres sensibles au nematode, c’est-à-dire les résineux; dans la zone tampon couvrant 36 000 hectares de forêts, parcs et jardins, un abattage des résineux morts ou dépérissants et une limitation encadrée des travaux forestiers.
L’abattage dans la zone infestée a commencé le 17 décembre dans la parcelle où le nematode avait été détecté. Dix-sept arbres y ont été reconnus contaminés et 56 dépérissants. Tous ont été abattus, broyés sur place et enlevés. Les travaux ont repris le 5 janvier, sur le terrain, dans les parcelles forestières, menés par la coopérative Alliance Forêt Bois, en lien avec des entreprises locales de travaux forestiers et de traitement du bois. Ces opérations doivent impérativement être achevées au 15 février, afin de gagner du temps avant le réveil du Monochamus, coléoptère vecteur du nematode, fixé au 1er avril.
Pour les jardins des particuliers riverains de la zone infestée, l’exercice se prolongera au-delà du 15 février, mais avant le 1er avril, avec l’intervention d’élagueurs professionnels et un soutien désormais assuré par l’État pour avancer les frais d’abattage. La facture peut atteindre jusqu’à 200 000 € pour certains terrains.
La Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf) poursuit les prélèvements sur les arbres dépérissants afin de détecter d’éventuels autres foyers. À ce jour, sur l’ensemble de la zone infestée et jusqu’à 3 km au-delà, 17 prélèvements ont été effectués; 880 résultats sont revenus négatifs et 200 sont en cours d’analyses.
La stratégie de lutte représente une course contre la montre avant la sortie d’hibernation du Monochamus. En conséquence, le préfet a obtenu du ministère de l’Agriculture un renforcement des équipes de la Draaf pour la surveillance et la détection des pins morts ou dépérissants dans la zone tampon, ainsi qu’un vol aérien des 36 000 hectares par l’Institut géographique national pour cartographier les arbres manifestant des symptômes. Parallèlement, l’État autorise la reprise des chantiers forestiers qui avaient été suspendus après la détection et qui font l’objet d’inspections par la Draaf. Virginie Alavoine, directrice, rappelle qu’il s’agit d’évacuer de la forêt les rondins susceptibles d’être des réservoirs du nematode et invite les riverains à signaler les pins symptomatiques et à déposer leurs sapins uniquement en déchetterie.