Maria Corina Machado a offert sa médaille Nobel de la paix à Donald Trump lors d’une rencontre à la Maison Blanche, un geste qui résonne au milieu des tensions autour du Venezuela et de la diplomatie américaine. Donald Trump a salué l’initiative et publié sur Truth Social des mots décrits comme « geste magnifique ». Le Centre Nobel de la Paix a rappelé que les lauréats peuvent disposer de la médaille dorée comme ils l’entendent et a souligné : « Une médaille peut changer de mains, mais pas le titre d’un lauréat ». Cette scène illustre les défis diplomatiques et économiques qui entourent Caracas et Washington.

À la Maison Blanche : le geste et les réactions
La rencontre, présentée par les États‑Unis comme une simple occasion de courtoisie, s’est déroulée sans accès de la presse. « Je lui ai assuré que les Vénézuéliens voulaient vivre libres, dignement, dans la justice », a déclaré Machado, arrivée peu après midi locale et repartie en fin d’après‑midi. « Pour cela, il faut la démocratie », a-t-elle ajouté. Donald Trump a écarte pour l’instant l’organisation d’élections et préfère « dicter » jusqu’à nouvel ordre les décisions de l’équipe dirigeante restée en place à Caracas après la capture du président déchu par les forces spéciales américaines. « Maria Corina Machado est vraiment une voix remarquable et courageuse pour beaucoup de Vénézuéliens », a commenté la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, pendant que la réunion était en cours.

Enjeux autour du pétrole et des répercussions
Delcy Rodriguez a évoqué, ce jeudi, une « réforme partielle » de la loi sur le pétrole, principale ressource du pays dont Washington entend contrôler l’extraction et la commercialisation. Les forces américaines ont par ailleurs saisi jeudi matin un nouveau pétrolier sous sanctions dans les Caraïbes, le sixième en quelques semaines. Les États‑Unis ont aussi finalisé une vente de pétrole vénézuélien, pour un montant important. Pour arriver à ses fins, Donald Trump devra aussi convaincre les multinationales pétrolières, dont certaines sont prudentes voire franchement réticentes, d’investir massivement dans les infrastructures en mauvais état du Venezuela. Le pays dispose des plus grandes réserves du monde avec 303 221 millions de barils, selon l’Opep, devant l’Arabie saoudite (267 200 millions) et l’Iran. Toutefois, des années de mauvaise gestion et de corruption ont fait chuter la production d’un pic de plus de 3 millions de barils/jour (bj) à un plus bas historique d’un peu plus de 350 000 bj en 2020. Le pouvoir a fait des efforts pour redresser la barre et atteindre 930 000 bj en 2025, selon l’Opep. La production avoisinerait actuellement 1,2 million bj, selon les autorités.