Emmanuel Macron a pris acte, samedi 3 décembre, de la fin de la « dictature Maduro » et affirme que le « peuple vénézuélien » ne peut que s’en réjouir. Cette position a été fortement critiquée, notamment à gauche, et nourrit un débat sur le rôle de la France face à ce type d’évolution politique. Le président précise que la fin de la répression et des atteintes aux libertés fondamentales mérite d’être saluée, tout en restant prudent sur les enseignements à tirer.
Dans son message publié sur X, Macron affirme que le peuple vénézuélien est aujourd’hui « débarrassé de la dictature de Nicolas Maduro et ne peut que s’en réjouir ». Il ajoute que, en confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés, Maduro a porté une atteinte grave à la dignité du peuple. Son entourage a aussi précisé qu’un acte lié à l’opération américaine avait été constaté et qu’un dictateur avait été déchu, justifiant que le droit international doit être respecté.
Pour Jean‑Luc Mélenchon, la prise de position de Macron n’est pas la voix de la France et il parle d’un geste honteux. Il déplore que Paris puisse féliciter les coups de force et affirme que le droit international est ainsi mis en cause. Manuel Bompard, coordinateur national du parti, a regretté que la France se réjouisse d’une intervention étrangère et a condamné les propos qui y voient une reconnaissance de l’action américaine.
Du côté du Parti socialiste, Olivier Faure estime que la France n’est pas un État vassal des États‑Unis et que le président ne peut pas parler au nom de la Maison Blanche. Le président des sénateurs PS, Patrick Kanner, parle d’une honte et d’un dérapage historique. Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, affirme que la France est « rabaissée au rang de 51e État des USA » et que cela porte atteinte à son prestige.
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, dénonce une réaction aveugle et irresponsable. Il affirme que le chef de l’État ménage Washington pour obtenir ses faveurs sur le dossier ukrainien et qu’il aurait préféré ne pas surréagir pour ne pas irriter Donald Trump. Selon lui, le président privilégierait ainsi un combat qui lui semble plus important que ce qui se passe au Venezuela.
L’exécutif s’est montré plus offensif samedi après-midi avec le ministre des Affaires étrangères, Jean‑Noël Barrot, qui a jugé l’action américaine contraire au droit international. Il a ajouté que la France rappelait qu’aucune solution politique durable ne peut être imposée de l’extérieur et que les peuples souverains doivent décider seuls de leur avenir. Cette voix officielle est venue compléter les analyses d’autres responsables sur la nécessité de respecter les règles internationales.
Raphaël Glucksmann, eurodéputé et penseur de l’aile sociale-démocrate, a dénoncé l’idée d’un monde sans droit international et a mis en garde contre la loi du plus fort. Il appelle à préserver les cadres juridiques et le respect des règles collectives.
Marine Le Pen affirme qu’il existe mille raisons de condamner le régime de Nicolas Maduro, mais rappelle que la souveraineté des États demeure non négociable; renoncer à ce principe aujourd’hui reviendrait à accepter demain notre propre servitude. Bruno Retailleau, président du groupe LR, semble plus mesuré envers Donald Trump et est d’avis qu’une réponse ferme est nécessaire sur le fond du narcotrafic, tout en affirmant que la souveraineté vénézuélienne demeure sacrée.