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Maduro ouvre la porte au dialogue sans confirmer l’attaque

par Marie
Venezuela

Dans un contexte de pressions croisées entre les États-Unis et le Venezuela, Nicolas Maduro évite de confirmer ou démentir une attaque présumée et ouvre la porte au dialogue avec Washington. Les États-Unis ont renforcé leurs sanctions et déployé une flottille militaire dans les Caraïbes, tandis que Caracas affirme sa volonté de discussions pour aborder le narcotrafic et l’énergie. Parallèlement, des annonces sur la libération de détenus et sur la gestion du dossier migratoire s’inscrivent dans une orbite diplomatique tendue mais calculée. Cette configuration, où les faits restent non confirmés, alimente le spectre d’un règlement par le dialogue plutôt que par la force.

À Caracas, Maduro refuse de confirmer l’attaque présumée et propose des négociations

Le président vénézuélien a répété qu’il ne confirme ni ne dément pas l’attaque évoquée par l’administration Trump, tout en indiquant qu’il était prêt à discuter. « Cela peut être un sujet dont nous parlerons dans quelques jours. Très certainement, nous pourrions discuter d’ici quelques jours », a affirmé M. Maduro à la chaîne publique VTV lors d’une interview diffusée jeudi, en répondant à la question « Votre gouvernement n’a ni confirmé ni démenti cette information (d’attaque terrestre) ».

« Ce que je peux te dire, c’est que le système de défense nationale a garanti et garantit l’intégrité territoriale, la paix du pays et l’usage et la jouissance de tous nos territoires. Notre peuple est en sécurité et en paix », a-t-il ajouté à l’adresse du journaliste espagnol Ignacio Ramonet, à qui il accorde tous les ans une interview diffusée par la chaîne publique.

Il a aussi indiqué qu’il n’avait pas eu de deuxième conversation téléphonique (après une en novembre) avec le président Trump, tout en répétant qu’il était « prêt » à discuter avec Washington. « Le gouvernement des États-Unis le sait (…): s’ils veulent discuter sérieusement d’un accord de lutte contre le narcotrafic, nous sommes prêts; s’ils veulent du pétrole du Venezuela, le Venezuela est prêt pour des investissements américains, comme avec (le groupe pétrolier américain) Chevron, quand ils le veulent, où ils le veulent et comme ils le veulent », a-t-il déclaré. « Aux États-Unis, ils doivent savoir que, s’ils veulent des accords intégraux de développement économique, ici au Venezuela aussi! »

À ce titre, il a rappelé la coopération récente entre les deux pays sur l’expulsion de migrants vénézuéliens vers leur pays, un thème prioritaire pour Donald Trump. « Ce qui s’est passé sur la question des migrants, parce que nous étions parvenus à un accord (…). Tout fonctionnait parfaitement, et il y a trois semaines, les autorités américaines ont renoncé à continuer d’envoyer des migrants », a ajouté Maduro. Si un jour il y a de la rationalité et de la diplomatie, ces sujets pourraient parfaitement se discuter, a-t-il ajouté.

Maduro lors d'une interview télévisée
Photo AFP associée à l’article sur les tensions Venezuela–États-Unis

Libération de prisonniers et contexte des sanctions

Donald Trump accuse le président Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic que l’intéressé dément, accusant les États-Unis de vouloir le renverser pour s’emparer des réserves de pétrole du pays, les plus grandes de la planète. Gage de bonne volonté ou simple geste pour les fêtes ? Les autorités vénézuéliennes ont annoncé jeudi la libération de 88 personnes emprisonnées après l’élection présidentielle de 2024 contestée par l’opposition, une semaine après la libération de 99 autres détenus pour Noël. Elles restent toutefois sous le coup de procédures judiciaires.

Une mission de l’ONU a récemment souligné que la répression s’était intensifiée ces derniers mois au Venezuela, alors que l’opposition parle de « portes tournantes » des prisons, soulignant que les arrestations se poursuivent alors que des détenus sont libérés. Selon l’ONG Provea, il y a quelque 700 détenus politiques dans le pays. Nicolás Maduro a été proclamé vainqueur de la présidentielle de 2024 par le Conseil national électoral (CNE) qui n’a jamais communiqué les résultats détaillés du scrutin, évoquant une attaque informatique. Les États-Unis ainsi qu’une grande partie de la communauté internationale n’ont pas reconnu la réélection de M. Maduro pour un troisième mandat de six ans.

Libération de prisonniers au Venezuela, AFP
Libération de détenus et contexte international
Source: https://www.laprovence.com/article/france-monde/16051905088955/maduro-evite-de-confirmer-la-presumee-attaque-americaine-sur-le-sol-venezuelien-se-dit-pret-a-des-negociations

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