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Malville : un roman d’anticipation sur une catastrophe nucléaire

Par Lea 2 min de lecture France

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Malville : Le nouveau roman d’Emmanuel Ruben

Malville, par Emmanuel Ruben, est un ouvrage captivant publié chez Stock, comptant 266 pages et au prix de 20,90 €. L’histoire se déroule le 13 janvier 2036, cinquante ans après la catastrophe de Tchernobyl. La centrale nucléaire Astrid, érigée sur le site de Superphénix à Malville, dans la vallée du Rhône, connaît une explosion dévastatrice. Cette tragédie plonge la population dans un cauchemar radioactif, les forçant à survivre dans des abris souterrains.

Le témoignage d’un survivant

Le protagoniste de cette histoire, Samuel Vidouble, est un professeur d’histoire, écrivain et grand voyageur, qui se retrouve piégé depuis six mois dans sa cave. Pour échapper à cette réalité oppressante, il utilise sa tablette pour redécouvrir en 3D les paysages de son enfance, jadis proches de « La Centrale ». Il décrit cet endroit comme « une sorte de basilique hideuse vouée au culte d’un dieu obscur et cannibale ». Son père, travaillant en secret sur le site, faisait partie d’une main-d’œuvre précaire, surnommée « chair à neutrons », attirée par des promesses de travail en provenance de toute l’Europe.

Les ravages du nucléaire

Samuel, marqué par son expérience, sait que le nucléaire est une menace silencieuse, causant cancers et leucémies. Après Tchernobyl, l’accident de Fukushima a également laissé des cicatrices profondes. Aujourd’hui, avec la centrale de Malville, l’histoire se répète. Les souvenirs douloureux des manifestations contre sa construction, notamment la mort tragique de Vital Michalon, un opposant de 31 ans, ressurgissent. Dans un climat de désinformation, le gouvernement, soutenu par l’extrême droite, évoque des attentats islamistes, tandis que la police réprime sans pitié ceux qui cherchent à s’élever contre l’injustice.

Une réflexion sur le passé

Confiné et désabusé, Samuel repense à son enfance, aux événements qui ont précédé la catastrophe, et à l’emprise de La Centrale sur sa famille. Il se remémore le silence pesant de son père, les tensions conjugales, et un sentiment de piège inéluctable. Mais il n’oublie pas non plus Astrid, une belle jeune femme qui éveilla ses sentiments adolescents. Avec elle, il a noué des liens qui lui ont permis de découvrir les mystères du Rhône, mais aussi de commettre des erreurs, comme cette expédition imprudente contre la centrale, qui aurait pu tourner à la catastrophe.

Un changement de style pour Emmanuel Ruben

Avec ce roman d’anticipation, Emmanuel Ruben adopte un style plus classique, délaissant ses habituelles envolées lyriques. Ce changement pourrait surprendre les lecteurs fervents de sa poésie, mais la force de ce récit réside dans sa critique acerbe de l’énergie nucléaire, qualifiée de « par essence militaire » et de ses dangers souvent minimisés. Au cœur de cette fiction, se dessine une réflexion poignante sur notre rapport à l’énergie et les conséquences de nos choix.

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