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Mark Carney, le nouveau premier ministre du Canada, suscite des interrogations sur son véritable visage. À l’image de Janus, dieu romain des transitions, Carney semble présenter deux facettes : celle d’un défenseur de l’environnement avant les élections et celle d’un homme de pouvoir avec des décisions controversées.
« J’avance masqué » — Descartes
Considéré comme un expert en climat et un fervent défenseur des solutions financières contre les changements climatiques, Mark Carney a été émissaire spécial du secrétaire général des Nations unies sur ces questions. Pendant la campagne électorale, il a mis en avant ses valeurs environnementales.
Cependant, une fois au pouvoir, les décisions qu’il prend en matière d’environnement soulèvent des inquiétudes. Dès sa première réunion de cabinet, il abolit la tarification carbone et fait adopter la loi C-5, qui lui confère des pouvoirs importants pour accélérer des projets peu compatibles avec la lutte contre les changements climatiques.
Les groupes environnementaux et les Autochtones sont laissés de côté alors qu’il promeut la construction de « corridors énergétiques », évitant les termes « oléoduc », « pétrole » et « gaz naturel ».
Une posture face aux États-Unis
Mark Carney s’est vanté d’être un négociateur habile, capable de faire tomber les tarifs douaniers imposés par Donald Trump. Pourtant, une fois au pouvoir, il semble faire des concessions aux États-Unis, annulant la taxe sur les services numériques en un week-end et laissant de côté la possibilité d’une entente sans tarifs douaniers.
Cela soulève des questions sur son engagement à défendre les intérêts canadiens face à la pression américaine. Son changement de position révèle un autre visage de Janus, celui d’un premier ministre qui cherche à plaire aux États-Unis.
Une gestion financière mise à l’épreuve
Carney s’est positionné comme un gestionnaire responsable, promettant de bien administrer les fonds publics et de réduire le déficit du Canada. Cependant, ses décisions financières semblent aller à l’encontre de ces promesses. Sans avoir déposé de budget, il s’engage à faire passer les dépenses de défense à 5 % du PIB, ce qui pourrait coûter entre 150 et 160 milliards d’euros, sans compter les investissements en infrastructures.
Le défi de maintenir les programmes sociaux tout en augmentant les dépenses semble insurmontable, selon le directeur parlementaire du budget, Yves Giroux.
La sagesse de Sophocle
Alors, qui est le véritable Mark Carney ? Le comportement du premier ministre rappelle les mots de Sophocle dans *Antigone* : « On ne peut connaître l’âme, les sentiments, les intentions d’un homme avant qu’on l’ait vu exercer le pouvoir et donner des lois. »
Carney, au pouvoir, semble appliquer une vision centralisée de l’économie canadienne, utilisant la crise et les menaces extérieures pour justifier ses décisions. Cette approche pourrait avoir des répercussions importantes, notamment pour le Québec.