La qualification du Maroc pour la finale de la CAN 2025 a provoqué une explosion de joie en France, avec des rassemblements spontanés et une occupation des rues par les supporters des Lions de l’Atlas. À Agen, des centaines de personnes se sont réunies dans le centre-ville après la séance de tirs au but contre le Nigeria, et l’ambiance a mêlé drapeaux, chants et embrassades. Des témoignages soulignent l’aspect festif mais contrôlé de la soirée, tandis que d’autres villes ont connu des débordements plus marqués, suscitant des réactions des autorités.
À Agen, la joie des supporters et l’espoir d’une finale au Maroc
À Agen, la qualification du Maroc pour la finale a été suivie par une ambiance festive dans les rues centrales. La fête est décrite comme historique et symbolique, avec des échanges de drapeaux et des chants accompagnant les heures qui ont suivi le coup de sifflet final. « C’est historique, on joue la finale au Maroc, on ne pouvait pas espérer mieux », s’enthousiasmait Yassine, 24 ans, drapeau sur les épaules. Les célébrations ont attiré des milliers de personnes, et beaucoup aspirent déjà à une finale dominicale contre le Sénégal.

Selon les témoins, l’espoir d’un retour sur la scène continentale inspire déjà de nombreuses familles et jeunes supporters, qui espèrent que ce succès se confirme en finale.
Des débordements maîtrisés en France et des réactions des autorités
Partout en France, les rassemblements de Marocains résidents ont été globalement festifs, mais des débordements ont été signalés dans plusieurs villes, entraînant des interventions de la police et des vérifications. En Île-de-France, les seuls écarts ont eu lieu aux Mureaux (78), tandis qu’un véhicule des forces de l’ordre a été pris pour cible par des jets de mortiers d’artifice, et que 16 mortiers d’artifice ont été tirés à Bordeaux lors d’un rassemblement de 150 supporters.
La police a aussi signalé des actes de jets de projectiles dans d’autres villes, notamment à Maubeuge, Montpellier, Avignon, Miramas, Alès et Toulouse. À Avignon, « une centaine d’individus hostiles » ont été signalés; selon le communiqué, « une centaine d’individus hostiles jetait des projectiles sur les policiers, obligeant les CRS et la BAC à faire usage de MCD ». À Alès, un homme ayant tiré des mortiers d’artifice depuis un véhicule a été placé en garde à vue; à Toulouse, des projectiles ont été lancés sur les agents en service, sans dégâts majeurs.

Du côté du Maroc, le sélectionneur Walid Regragui a défendu son groupe, concédant que la période avait été difficile mais affirmant que le public méritait de revoir une finale et que l’équipe avait été soutenue par un groupe uni.
On est heureux car on sait que ce public mérite de revoir une finale de Coupe d’Afrique et d’avoir une grande équipe. Je n’ai pas été que chahuté, c’était une campagne pas correcte mais ce n’est pas grave, on l’a acceptée, le groupe m’a protégé, ils aiment leur coach. Comme je leur ai dit, c’est sur le terrain qu’ils doivent me le rendre
, a déclaré Regragui au micro de Bein Sports.
Le coach a également évoqué « l’âge d’or du football marocain » et a rappelé que ce réservoir inédit était à l’origine de ce niveau de performance. « Je suis très heureux pour le public marocain et les anciens. Ce sont eux qui ont fait évoluer cette équipe en choisissant le Maroc, en venant très tôt. Aujourd’hui, on récolte l’âge d’or du football marocain, mais il ne faut pas oublier d’où on vient », a-t-il ajouté, soulignant que tout se joue désormais en finale face au Sénégal le dimanche suivant.
La finale de la CAN 2025 opposera le Maroc au Sénégal et symbolise un tournant possible pour le football africain, selon les observateurs. Les autorités françaises et les organisateurs appellent au calme et à la vigilance afin de préserver le caractère festif de l’événement tout en limitant les violences potentielles.