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À Mont-de-Marsan, Maylis Daubon, 53 ans, est jugée pour empoisonnement de ses deux filles, dont l’une est décédée en 2019. Le procès s’est ouvert le 24 novembre 2025 devant la cour d’assises des Landes. L’enquête a révélé une prise massive de Propranolol et la présence de 22 molécules différentes, ainsi qu’une consommation régulière et importante de cannabis chez la défunte. Selon l’accusation, l’accusée aurait exercé une « soumission chimique » sur ses filles, tandis que la défense évoque une surprotection maternelle et un possible Münchhausen par procuration.

À Mont-de-Marsan, ouverture du procès pour Maylis Daubon
Le procès se tient à la cour d’assises des Landes à Mont-de-Marsan et s’étale jusqu’au 3 décembre. Maylis Daubon conteste les faits et répète son innocence, tout en étant aussi poursuivie pour avoir, selon les enquêtes, tenté d’organiser l’exécution de son ex‑mari, Yannick Reverdy, en soudoyant des codétenues à la maison d’arrêt de Pau. L’affaire remonte à 2019, lorsque la fille aînée, Enea, âgée de 18 ans, est décédée après une crise de convulsions et une réanimation sur place; les analyses toxicologiques ont révélé la présence d’un médicament surdosé. « Je suis innocente (…), je suis dévastée du décès de mon enfant, c’est un chagrin abyssal », a répété l’accusée lors de son entrée au box, selon les audiences rapportées par les médias.
Les échanges évoquent un conflit parental majeur depuis le divorce en 2009 et une perception divergente de l’attitude maternelle. Les autorités estiment que la mère aurait pu exercer une emprise sur ses filles et auraient mis en place des mécanismes de surmédicalisation, mais les arguments restent sujets à caution dans ce dossier sensible. Les juges devront aussi trancher entre les versions présentées par la famille et les éléments médico-légaux et psychiatriques recueillis au fil des années, qui ont nourri les débats sur les causes du décès.
Éléments médico-légaux et débats autour du dossier
Les médecins légistes ont mis en évidence une prise massive – « l’équivalent de 50 à 75 cachets » – de Propranolol chez la défunte, et ont observé la présence de 22 molécules différentes avec une consommation régulière et importante de cannabis, selon les rapports d’expertise cités lors des audiences. Des analyses réalisées dans les mois précédents ont aussi révélé des traces de codéine, d’anxiolytiques sédatifs, de somnifères et d’antidépresseurs dans les cheveux de la cadette, Luan, sans prescriptions médicales. Ces éléments ont conduit à une nouvelle mise en examen de Maylis Daubon.
Une psychologue de la Protection de l’enfance a évoqué, en 2018, le possible syndrome de Münchhausen par procuration, diagnostic que « aucun expert psychiatre n’a posé clairement » durant l’instruction, selon la défense. Le syndrome décrit l’exagération ou la provocation de maladies chez l’enfant par le parent pour attirer l’attention ou la compassion. Les experts ont aussi évoqué des pistes liées à une surprotection et une emprise psychique et chimique potentielles. En parallèle, la défense affirme que l’accusée a été présentée comme une mythomane par l’entourage, alors que Maylis Daubon réfute fermement ces allégations et souligne qu’elle s’était présentée comme une « conseillère en formation continue ».
Réactions et perception des proches
Au cours des débats, l’accusée a maintenu son innocence et a dénoncé les accusations portées contre elle. « C’est tout simplement n’importe quoi, pourquoi me serais-je exposée à dire des âneries pareilles ? », a-t-elle lancé, selon les échanges rapportés par les témoins et la presse. Son avocate, Me Carine Monzat, a répliqué que les métiers fantaisés évoqués par Maylis Daubon ne font pas d’elle une empoisonneuse. L’avocat de la défense a aussi souligné que certains éléments médico-légaux ne permettent pas d’établir avec certitude le déclenchement des faits le 13 novembre 2019, et que des incohérences apparaissent dans les déclarations de l’accusée sur le déroulé des événements matinaux. La cadette, Luan, sera entendue comme témoin cette semaine et le père des filles est également appelé à s’exprimer dans le cadre des procédures annexes.